Edward Sumner (Richard Gere)
est marié à la jolie Connie (Diane Lane) depuis onze ans. Ils vivent
dans une belle propriété à l'écart de la ville. Ils ont un fils,
Charlie (Erik Per Sullivan). Un jour, par hasard, Connie rencontre à
New-York un jeune Français, Paul Martel (Olivier Martinez), qui fait le
commerce de livres. Irrésistiblement attirée par sa sensualité, elle
accepte de le revoir et la passion commence bientôt à la dévorer...
Adrian Lyne n'a tourné qu'un petit nombre de films. Il s'est fait une
"spécialité" de situations amoureuses marginales. On se souvient, bien
sûr, de "Neuf semaines et demie" avec un Mickey Rourke passablement
déjanté, de "Liaison fatale" où Glenn Close pétait les plombs, et de "Proposition
indécente"
dans lequel la sculpturale Demi Moore se vendait au séduisant Robert
Redford pour un million de dollars.
Ce "remake" de
"La femme infidèle" de Claude Chabrol, ne commence pas vraiment sous
les meilleurs auspices ! Une musique langoureuse, le petit déjeuner
chez le couple américain moyen, le départ à l'école de garçon américain
moyen, un Richard Gere qui a abandonné ses cheveux poivre et sel pour
une teinture blond-roux assez surprenante, des images léchées et
romantiques, des dialogues qui atteignent à peine la profondeur de ceux
d'un feuilleton inoxydable, style "Les feux de l'amour"... On se dit :
oh la la... Ca promet ! Est-ce la peine de se plonger dans cette énième
mouture de la romance à l'eau de rose concoctée outre-atlantique ? Eh
bien oui ! Trois fois oui ! Car cette ouverture dans la superficialité
d'un couple aimant, mais quelque peu rongé par l'habitude et le train
train quotidien, donne accès peu à peu à une descente progressive et
dramatique dans les douleurs et les ravages de la passion
sauvage.
Grâce à l'implication du couple Diane Lane, Richard
Gere, cette banale histoire d'adultère plonge dans les
méandres de la culpabilité, du doute, de la jalousie, de la violence,
du pardon, avec une intelligence et une puissance dramatique évidentes.
La jeune femme traduit avec une profonde authenticité les souffrances
intérieures qui naissent de l'attirance quasi animale qu'exerce sur
elle un jeune homme à la beauté sauvage ( dont la finesse n'est pas la
qualité première ! ), de la dépendance pathologique et jouissante qui
en résulte, ainsi que de la culpabilité qui la ronge
intérieurement. Richard Gere, tout en retenue
sensible, est lui aussi excellent.
Une étude patho-psychologique passionnante.