Le corps d'une jeune étudiante, Melissa Stephens (Emma Pollard),
vient d'être découvert. La manière dont elle a été tuée incite le
commandant Langton (Ciaran Hinds) à penser que l'auteur du crime est le
même que celui qui a assassiné sept prostituées précédemment. Mais
aucune preuve, aucun indice ne fournissent au policier une direction
précise. Il fait appel à la fille d'un ancien collègue décédé, le
Lieutenant Anna Travis (Kelly Reilly), pour l'aider dans son enquête.
La jeune femme est envoyée par son supérieur en Espagne, afin
d'interroger un ancien policier des stups, pourri jusqu'à l'os, Barry
Southwood (John Savident), susceptible d'apporter quelques
renseignements utiles...
A l'image de "Jesse Stone, l'empreinte du passé",
cette histoire fait partie de ces oeuvres qui n'ont pas le titre de
"film" au sens propre du terme, puisqu'ils sont produits pour la
télévision, mais dont la qualité n'a rien à envier à celle de maintes
oeuvres distribuées dans les salles. Bien sûr, l'intrigue n'est pas
foncièrement originale. Des meurtres en série, un tueur insaisissable,
des policiers en quête du plus infime indice... Tout cela sent un peu
le réchauffé, de même que l'aspect "crade" de certaines scènes, destiné
à faire vrai et à installer d'emblée une atmosphère glauque à la "Seven".
Si la tension dramatique instillée par le réalisateur n'atteint pas,
c'est évident, celle créée par David Fincher, il n'en demeure pas moins
que la narration est solide, sérieusement conduite, sans tentatives
d'un humour facile, et habitée par des personnalités vigoureusement
campées. Mais ce qui donne à ce drame classique une incontestable aura
magnétique, c'est le face à face final entre Anna et le tueur, qui
prend la forme d'une confession psychanalytique particulièrement
étouffante et d'autant plus efficace que l'acteur se montre plus que convaincant dans son traumatisme.