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" L'inspecteur  Harry "  

( Dirty Harry I ),        1971,

de : Don  Siegel, 

avec : Clint Eastwood, John Vernon, John Larch, Harry Guardino, Andrew Robinson, James Nolan,

Musique : Lalo  Schifrin

*******

    

   L'inspecteur  Harry Callahan (Clint Eastwood) appartient à la Police de San Francisco. Il est d'une efficacité certaine, mais ses méthodes expéditives ne sont pas toujours du goût de ses supérieurs ou du Maire (John Vernon). Un tueur particulièrement redoutable, Scorpion (Andrew Robinson), défie les autorités et accompagne ses meurtres d'une demande de rançon à la ville. Callahan est chargé de porter la mallette contenant l'argent...

    Dèjà trente cinq ans, et pas vraiment de rides à ce polar nerveux, efficacement mis en scène  par Don Siegel. Exception faite, peut-être, des tenues estampillées très seventies (le costume à carreaux de Harry...!). Le scénario n'est pas à marquer d'une pierre blanche, même s'il est solidement construit et réserve son lot de suspense. En fait, ce qui fait aujourd'hui la valeur de ce premier opus, qui verra des suites plus ou moins réussies : "Magnum Force", "Sudden Impact"..., c'est le fait d'avoir donné naissance à diverses variations qui lui emprunteront nombre de facettes, ou s'inspireront de son style. On pense bien sûr à la série des films d'auto-vengeance que Michael Winner tournera avec Charles Bronson ("Un justicier dans la ville" etc...) entre 1974 et 1994, à "Speed", à "La nuit des Juges", ou même, en extrapolant un peu, aux divagations mystico-philosophiques dont Samuel L. Jackson abreuve ses futures victimes, dans "Pulp Fiction". Fidèle à son mépris pour le superflu (voir la remarquable "Invasion des profanateurs de sépultures"), le réalisateur campe en quelques minutes la personnalité du héros, qui peut se résumer en trois mots : indépendance, rusticité, efficacité. Pas de réflexions sociologiques, politiques ou judiciaires. Un constat brut de décoffrage qui met à nu, en une courte scène, les carences gravissimes d'un système législatif qui sera souvent la cible des scénarios. Une oeuvre pure et dure, sans enrobages classieux, à l'image de son héros emblématique...

 Bernard  Sellier               

 

 

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