L'inspecteur
Harry Callahan (Clint Eastwood) appartient à la Police de San
Francisco. Il est d'une efficacité certaine, mais ses méthodes
expéditives ne sont pas toujours du goût de ses supérieurs ou du Maire
(John Vernon). Un tueur particulièrement redoutable, Scorpion (Andrew
Robinson), défie les autorités et accompagne ses meurtres d'une demande
de rançon à la ville. Callahan est chargé de porter la
mallette contenant l'argent...
Dèjà trente cinq ans, et pas vraiment de rides à ce polar nerveux,
efficacement mis en scène par Don Siegel. Exception faite,
peut-être, des tenues estampillées très seventies (le costume à
carreaux de Harry...!). Le scénario n'est pas à marquer d'une pierre
blanche, même s'il est solidement construit et réserve son lot de
suspense. En fait, ce qui fait aujourd'hui la valeur de ce premier
opus, qui verra des suites plus ou moins réussies : "Magnum Force", "Sudden Impact"..., c'est
le fait d'avoir donné naissance à diverses variations qui lui
emprunteront nombre de facettes, ou s'inspireront de son style. On
pense bien sûr à la série des films d'auto-vengeance que Michael Winner
tournera avec Charles Bronson ("Un justicier dans la ville" etc...) entre 1974 et 1994, à "Speed", à "La nuit des Juges", ou
même, en extrapolant un peu, aux divagations mystico-philosophiques
dont Samuel L. Jackson abreuve ses futures victimes, dans "Pulp Fiction". Fidèle à
son mépris pour le superflu (voir la remarquable "Invasion des
profanateurs de sépultures"), le réalisateur campe en quelques minutes
la personnalité du héros, qui peut se résumer en trois mots :
indépendance, rusticité, efficacité. Pas de réflexions sociologiques,
politiques ou judiciaires. Un constat brut de décoffrage qui met à nu,
en une courte scène, les carences gravissimes d'un système législatif
qui sera souvent la cible des scénarios. Une oeuvre pure et dure, sans
enrobages classieux, à l'image de son héros emblématique...