Jennifer
Marsh (Diane Lane) travaille avec son collègue Griffin Dowd (Colin
Hanks) au FBI dans la section Internet. Ils découvrent un jour un site
sur lequel le créateur propose de se connecter pour assister à la mort
d'un chat. Mais, bientôt, le félin est remplacé par un ancien pilote,
Herbert Miller (Tim de Zarn). Le sadisme du concepteur va jusqu'à
étirer la mise à mort de la victime en fonction du nombre des
connexions sur son site "Kill with me". Le détective Eric Box (Billy
Burke), de la police de Portland, est dépêché auprès du service de
Jennifer pour que les indices soient mis en commun. Malheureusement le
criminel s'est organisé pour que le repérage de son site soit
impossible. Bientôt, c'est une seconde victime, David Williams
(Christopher Cousins), qui est capturée et offerte en pâture aux
internautes...
Le premier véritable film de Gregory Hoblit, "Peur primale", avait été une réussite incontestable, en grande partie grâce au génie dramatique de Edward Norton. Bien qu'un peu tortueux, "Fréquence interdite" ne manquait pas d'originalité. "Mission évasion" laissait pour le moins perplexe. Avec "La faille",
nous tombions dans une routine sympathique, mais facile. Le réalisateur
a choisi ici de se tourner vers le crime high-tech, en modernisant, si
l'on peut dire, les barbaries traditionnelles de "Saw" ou de "Hostel".
Pourquoi pas ? Après tout, malheureusement, les détraqués en tous
genres s'adaptent eux aussi aux techniques novatrices. Nous sommes donc
plongés dans une enquête laborieuse, dont certaines séquences louchent
manifestement vers "Le silence des agneaux",
avec fausses pistes, courses contre la montre, bref, tous les
ingrédients classiques que l'on rencontre dans ce type de scénario. Là
se situe d'ailleurs le handicap principal, car le choix d'un
tortionnaire informaticien se révèle d'une originalité bien légère pour
compenser l'impersonnalité générale du contenu. Aussi est-ce dans
le choix d'exécutions de plus en plus sauvages que s'engage l'intrigue,
avec une certaine efficacité dramatique, c'est vrai, mais avec une dose
de voyeurisme plus opportuniste que réellement indispensable. Par
bonheur, si le réalisateur a pris le parti de fournir le minimum
syndical sur le plan des dialogues et de la psychologie des
personnages, il sait s'entourer de comédiens talentueux, et le choix de
Diane Lane, toute en intériorisation souffrante, apporte une qualité
humaine bienvenue dans cette oeuvre noire qui vogue sur la vague
renaissante des films horrifiques, mais sans grande singularité.