Lucien Paumelle
(Michel Aumont), ancien médecin, est depuis de nombreuses années à la
retraite, mais se montre toujours très impliqué dans les actions
humanitaires. Il décide d'accueillir dans son appartement des sans
papiers. Mais ses deux enfants, Arnaud (Fabrice Luchini), avocat, et
Babette (Karin Viard), médecin, découvrent, d'une part, que c'est en réalité une
charmante jeune femme blonde, Tatiana (Veronica Novak) qui s'installe
en compagnie de sa fille, Sorina (Emma Siniavski), et, d'autre part, que leur père
vient de contracter avec elle un mariage blanc...
L'histoire est résolument ancrée dans un contexte
social et humain qui se révèle, malheureusement, de plus en plus
d'actualité. Grâce à un scénario simple, mais riche et intelligemment
construit,
le récit explore toutes les facettes progressivement exposées par
l'engrenage des événements : altruisme, militantisme, relations
parents-enfants, jalousies larvées, respect de l'autre, manipulations, conflits d'intérêts,
ultimes passions à l'approche de la mort...
La première grande réussite
de l'œuvre est de malaxer tous ces ingrédients disparates pour
produire, in fine, une exploration humaine, spontanée, superficielle
mais réaliste et vibrante, d'un problème complexe dont
les multiples implications politiques et sociales sont développées à
l'infini par les partis et leurs ténors. Ici, pas de grandes
dissertations philosophiques, mais un vécu ordinaire qui pourrait être
celui de chacun d'entre nous.
Le second point positif réside dans le
choix des comédiens, qui, de Michel Aumont toujours enjôleur, à Karin
Viard, tendrement désespérée, en passant par Fabrice Luchini,
particulièrement sobre, savent donner à cette fresque familiale
douce-amère, dont les
personnages évitent tout manichéisme, un réel parfum d'authenticité.
Un mélange subtil de comédie, de drame, dont les traits ne sont jamais forcés, et qui se regarde avec délectation tout en générant de multiples réflexions avec une absence de prétention très louable.
Film sur
IMDB.com