Tony
Stark (Robert Downey Jr.) a hérité de son père la direction de
l'entreprise d'armement la plus performante du monde : Stark
Industries. Au cours d'un voyage en Afghanistan, le convoi
militaire dans lequel il se trouve est attaqué et décimé par un chef de
guerre local. Il se retrouve seul, prisonnier, et reçoit l'ordre de
fabriquer le missile Jericho, nouveauté ultra performante qu'il était
venu présenter aux autorités militaires américaines sur le terrain.
Aidé d'un autre prisonnier, Yinsen (Shaun Toub), il se met au
travail, mais l'objet qu'il conçoit n'est pas tout à fait celui que ses ravisseurs attendent...
Le début du film surprend quelque peu, même si "Spider-Man", "Superman" ou certains autres "Heroes"
nous ont déjà donné l'habitude de voir cohabiter l'homme très ordinaire
et le super-défenseur de l'humanité dans la même coque physique. Entre
humour, facéties et épisodes guerriers purs et durs, le spectateur ne sait pas trop à quelle sauce va être accommodé le plat servi. Dans
le cas présent, Robert Downey Jr., que l'on n'aurait pas vraiment
attendu dans ce type de superproduction, endosse à l'origine une
personnalité qui lui sied en revanche particulièrement bien, à savoir
le dandy superficiel, un brin farceur, qui fuit les remises de trophées
pour jouer au casino et, occasionnelllement, draguer la jolie
journaliste (Leslie Bibb), venue l'interviewer. Mais bientôt, par la
force des événements, l'être intérieur s'éveille en lui, prend
conscience de ses actions passées, et entreprend, grâce à son génie
créateur, une croisade pour corriger, si l'on peut dire, les tirs
passés, ce qui n'est évidemment pas du goût des actionnaires ou des
profiteurs de guerre. Tout cela est estimable, et l'on peut même se
réjouir du fait que l'oeuvre évoque, encore que très superficiellement,
le double jeu des marchands d'armes qui, très obligeamment, fournissent
en matériels les camps adverses, histoire de faire croître leurs
bénéfices de manière exponentielle. Il sera bon, à ce point de vue, de
se (re)plonger dans les passages du "Livre jaune n° 5" (téléchargeable à cette adresse),
qui décrit avec force détails cette pratique aussi immémoriale
qu'immonde. Mais, si l'on peut apprécier le fait que les
scénaristes n'ont pas inondé leur création d'une overdose d'actions
apocalyptiques, et que "l'hénaurme" ait été (relativement) contenu, il
est tout de même regrettable qu'ils n'aient pas fait preuve d'un peu
plus de subtilité et d'inventivité dans un affrontement final très
conventionnel et basique.
Ce "Robocop"
modernisé et universalisé se révèle une aventure plaisante, parfois
surprenante, mais dont les aspects hybrides ne sont pas suffisamment
amalgamés pour générer un enthousiasme vibrant.