Marcus (Vincent Cassel) et son compagnon Pierre (Albert Dupontel)
cherchent comme des fous un homme, surnommé Le Tenia (Joe Prestia).
Ils le découvrent dans une boîte d'homosexuels. On comprend peu à
peu, alors que les événements antérieurs refont surface, que
l'homme est responsable du viol sauvage d' Alex (Monica Bellucci),
l'amie de Marcus.
Il est compréhensible que la violence aveugle qui inonde la plus
grande partie du film ait attiré, au moment de sa sortie, les
spectateurs avides du genre. Mais pour les autres, qui ne sont pas
forcéments accrocs à la bestialité primaire, que reste-t-il à se
mettre sous la dent ? Une construction à rebours, ainsi que l'avait
brillamment fait "Memento" deux
ans auparavant, qui permet de sortir de la vision un peu moins abruti
que dans les premières séquences. Un vague rayon de soleil qui
autorise, enfin, à reprendre une goulée d'air après un parcours
pour le moins éprouvant. Le terme est d'ailleurs ridiculement faible,
surtout pour qualifier la première partie, qui relève d'un niveau
visuel, auditif, proprement cauchemardesque. Sons totalement
obsédants, images virevoltant dans tous les sens, plongées,
rotations vertigineuses d'une caméra saoule qui donne le tournis,
plans où les personnages se retrouvent horizontaux, hurlements de
bêtes sauvages... "La vie nouvelle"
de Philippe Gandrieux paraît à côté d'un formalisme intensément
classique ! Si l'enfer existait, il pourrait ressembler à quelque
chose dans ce genre ! Le but évident du réalisateur, à savoir
rendre concrètement la mise "sens dessus dessous" de
Marcus, est réussie à 100% !
A mesure que le temps "remonte", une certaine accalmie
s'installe. Mais, si l'on excepte une courte séquence dans le métro,
où les relations entre Alex, Marcus et Pierre retrouvent, pendant
quelques instants, une couleur humaine, peut-on vraiment s'intéresser
à ces personnages déjantés, réduits à l'état de morceaux de
viande sans âme, shootés à mort, qui débitent des bribes de
dialogues le plus souvent inaudibles ?
Un cauchemar, aussi bien dans le fond que dans la forme.