Juillet 2019. Un petit nombre de terriens
ayant survécu à la contamination qui a rayé l'espèce humaine de la
planète, habitent dans une sorte de gigantesque building clos. Leur
existence quotidienne est formatée avec précision et obéit à des règles
très précises, auxquelles il ne faut pas faillir. Lincoln Six Echo
(Ewan McGregor) est l'un d'entre eux, mais, contrairement à la grande
majorité de ses congénères, il n'est pas entièrement satisfait de son
sort et son sommeil est troublé par des cauchemars. Il consulte le
docteur Merrick (Sean Bean), mais n'en tire pas grand chose. Le seul
espoir qui excite tant soit peu les survivants est d'être tirés au sort
pour un voyage sur "l'île". Un jour, c'est une collègue de Lincoln,
Jordan Two Delta (Scarlett Johansson) qui gagne. Mais le jeune homme
découvre fortuitement que le départ pour la prétendue croisière n'est
pas du tout ce qui leur est présenté...
Etrange tout de même que ce film ait reçu un accueil aussi
catastrophique ! Bien sûr, Michael Bay n'est pas un enfant chéri par
les critiques. Si "The Rock"
était une assez belle réussite, "Armageddon"
prêtait plutôt à rire. Première surprise : il aborde ici une
science-fiction que l'on pourrait qualifier d'intelligente, tant le
monde futuriste qui nous est présenté, sans être très original (il a
été visité de façon différente par Spielberg dans "Minority report" ou par
Andrew Niccol dans "Bienvenue
à Gattaca"), risque tout de même de constituer, en grande
partie, notre univers de demain. Ce qui est tout, sauf réjouissant !
Seconde surprise, le scénario est quasiment calqué sur celui de "Mesure d'urgence"
(Michael Apted), tourné en 1996. Bien plus, le médecin (Merrick) qui
tient ici la (triste) vedette, porte un nom quasiment semblable à celui
de son homologue, (Myrick), campé magistralement par Gene Hackman dix
ans plus tôt... Bizarre ! C'est également le patronyme de "Elephant
man". Bizarre, bizarre... Malgré ces étranges coïncidences, le film de
Michael Bay tire assez bien son épingle du jeu, tout au moins dans la
première partie, grâce à des décors et des séquences glaçantes dans
leur simplicité spectrale. Voir surgir un policier afin de vous séparer
de la femme que vous frôlez, parce que le contact est "trop rapproché"
est peut-être un événement insignifiant, il n'en demeure pas moins
qu'il flanque la chair de poule ! Ne pas pouvoir pisser sans apprendre
sur un bandeau lumineux que l'on a un excès de sodium, c'est peut-être
le paradis pour les hypocondriaques, mais est-ce vraiment une
bénédiction ? L'avenir nous le dira sans doute... lorsque nous nous
réincarnerons dans ce monde... intrigant !
Une fois les deux héros en cavale, les choses se gâtent quelque peu !
Disons qu'elles reprennent le cours classique des courses poursuites
modernes, c'est-à-dire bruyantes, hyper-agitées, totalement
irréalistes, avec défilé de séquences prévisibles. On se retrouve dans
le décor des mégapoles que l'on connaît bien depuis "Le cinquième élément",
avec navettes volantes et tutti quanti. C'est un peu regrettable pour
les non passionnés de jeux vidéo, d'autant plus que nombre de séquences
frénétiques ne sont pas très lisibles, et que le réalisateur ne se
rattrape pas vraiment dans un final lui aussi passablement attendu. Il
est également possible de regretter qu'Ewan McGregor ne soit pas plus
charismatique et expressif. Il est vrai que... Chuuuut ! Pourtant,
globalement, l'oeuvre laisse une empreinte marquante grâce à une foule
de petits détails captivants, ainsi qu'à une base scénaristique
excitante qui mérite amplement réflexion.