Lucas (Vincent Lindon) est le
PDG d'une importante entreprise de video-communication, Opten. Il mène
des négociations difficiles pour une future implantation en Chine,
lorsqu'il fait la connaissance d'Elsa (Sandrine Bonnaire), venue poser
une fresque en céramique de sa composition. La première prise de
contact est houleuse. La taille de l'oeuvre n'est pas conforme à ce qui
était prévu. Elsa décide de cesser immédiatement le travail. Mais
Lucas ne tarde guère à se rendre compte qu'il est amoureux de la
charmante artiste. Pourtant, échaudé par une précédente liaison avec
une femme qui s'était révélé être l'espionne d'un concurrent, il
charge son spécialiste technique, Roland Christin (François Berléand)
de poser micros et caméras chez la jeune femme...
A l'évidence, il est déplacé d'attendre, dans un scénario de
comédie sentimentale, la dose de suspense d'un "Sixième
Sens" ou d'un "Faute de
Preuves". Mais tout de même, une prévisibilité à ce degré
désarçonne quelque peu. Le sujet est tellement banal, le parcours
psychologique tellement balisé et le dénouement tellement attendu,
qu'il est évidemment indispensable de captiver le spectateur par des
moyens détournés. La surprise est que, globalement, le plaisir
dégagé par l'ensemble est inversement proportionnel à la richesse du
scénario. La principale responsable est Sandrine Bonnnaire, toujours
aussi séductrice et ensorcelante. François Lindon, jouissivement
escorté par son homme de main, spécialiste des matériels high-tech
qu'il est incapable de faire fonctionner correctement (François
Berléand savoureux), participe également à l'agrément général.
Mais, plus que les décorations accessoires, parfois douteuses (le
copain primaire (Kad Mérad), l'improbable Sumo Yakeshi (Brian Bigg),
c'est l'inversion des personnalités qui donne son (petit) prix à cette
histoire sympathique : le PDG surpuissant manifeste la maladresse et la
timidité d'un collégien boutonneux, tandis que l'artiste, en
situation d'employée, s'affiche entière, authentique dans ses
convictions, aussi énergique dans ses actions, que dotée d'un sens de
la répartie cinglant.
En fin de compte, une agréable comédie qui laisse cependant fort peu
de traces dans la mémoire.