Le couple que forment Marie-Dominique Delpire
(Sophie Marceau) et Bertrand (Vincent Perez) a dix ans et bat fortement
de l'aile. Travaillant pour une société internationale de travaux
publics, il est très souvent absent et profite de ses voyages pour
collectionner les hôtesses de l'air. Quant aux week-end, leur
déroulement est immuable : Bertrand enfourche son vélo et Marie-Do suit
en voiture, en compagnie de leur fils Jérôme, pour assurer le
ravitaillement ! Friante de films marginaux, la jeune femme rencontre
un jour au cinéma un homme apparemment charmant, Antoine (Charles
Berling). N'en pouvant plus, elle vire son mari, demande le divorce et
accueille Antoine dans son lit. Mais Bertrand, bien décidé à ne pas
céder un pouce de terrain, s'incruste...
Le mari, la femme, l'amant... Le trio infernal habituel. Sauf qu'ici,
tout cela est, à l'image des vaudevilles de Feydeau, mais en beaucoup
moins excitant, pour "de rire". A vrai dire, les seules
micro-originalités résident dans le fait que l'amant (délicieusement
incarné par un Charles Berling transparent) révèle rapidement sa nature
aussi stupide que celle du mari, et dans le choix du dénouement, à
cheval sur la réalité et la vision du scénariste qu'est Antoine. Tout
le reste est à l'image de la musique, gentillet, guilleret, mais
complètement vide de substance. Les poncifs remplacent toute
profondeur, vraisemblance ou implication authentique. Il ne
reste, au bout du compte, de la comédie de moeurs, qu'un vernis
vaguement branché et tape à l'oeil, à peine brillant, tant les
dialogues sont oubliables, et servi par des interprètes sympathiques.
Sophie Marceau semble épanouie, plus jeune que jamais. Vincent Perez,
cassant, égoïste, râleur, cynique, véritable caricature de
macho, est aussi crédible dans l'odieux que le serait Bigard en Pape.
Les personnages secondaires n'ont aucune épaisseur et le contexte
professionnel n'assure même pas le minimum syndical (le viaduc que
construit Bertrand au Brésil est apparemment celui de Millau). Bref, un
moment de détente visuel oublié dans l'heure qui suit...