Richard
Parker (Kevin Kline), compositeurs de musiques pour publicités, mène
une vie tranquille avec sa femme Priscilla (Mary Elizabeth
Mastrantonio) et sa fille Lori (Kimberly McCullough). L'arrivée de
nouveaux voisins, Kay Otis (Rebecca Miller) et son mari Eddy (Kevin
Spacey), très démonstratif, redonne vie à leur quotidien paisible. Ils
se reçoivent mutuellement, partent en week-end, deviennent quasiment
inséparables, jusqu'au jour où Eddy propose à Richard d'échanger pour
une nuit leurs épouses sans que celles-ci soient mises au courant.
C'est le commencement d'un abominable cauchemar...
Les spectateurs familiers des thrillers intimistes et pseudo-psychologiques ("Malice", Fenêtre sur Pacifique",
ou encore "Présumé innocent", tourné par Allan J. Pakula deux ans plus
tôt), se retrouveront en terrain parfaitement connu et balisé.
Une existence tranquille, pépère, que l'arrivée d'un perturbateur
pervers, machiavélique, va faire exploser. La base de l'histoire est
vieille comme le monde des intrigues policières, et ce n'est pas de ce
côté qu'il faut chercher une quelconque originalité. Pas plus,
d'ailleurs, que dans la suite des événements, habilement agencés pour
une efficacité de bon aloi, mais gentiment traditionnels. Quant à
l'approche psychologique des personnages, relativement intéressante
dans la première partie, lorsque l'irruption du tentateur met à jour
les refoulements et les frustrations larvées, elle disparaît au moment
où commence véritablement la descente aux enfers, laissant au passage
perplexe quant à l'évolution fort rapide et passablement escamotée de
la réaction de Priscilla suite au drame. Cela dit, le scénario se
montre dans l'ensemble suffisamment bien ficelé pour accrocher
l'attention. Et le charme de Mary Elizabeth Mastrantonio opère sans
peine...