Le professeur Jack Hall
(Dennis Quaid), spécialiste en climatologie, prend à partie, au cours
d'un colloque international, le Vice Président des Etats Unis, ennemi
de tout aménagement en ce qui concerne l'émission de gaz à effets de
serre. Il craint pour les siècles à venir, une catastrophe sans
précédent. La réalité va le contredire rapidement. Il ne s'agit pas de
centaines d'années, mais de quelques semaines. En divers coins du
monde, de gigantesques cyclones provoquent raz de marée ou chutes de
morceaux de glace. Bientôt, c'est toute la partie nord des USA qui est
menacée d'une glaciation éclair. Jack est d'autant plus angoissé, que
son fils Sam (Jake Gyllenhaal) est parti à New-York, en compagnie de
deux amis, Laura Chapman (Emmy Rossum) et Brian Parks (Arjay Smith),
pour participer à un "décathlon de l'esprit". En compagnie de son ami
Frank (Jay O. Sanders), Jack décide de gagner Manhattan. Son fils s'est
en effet réfugié avec quelques survivants dans la bibliothèque...
Nouvelle référence en matière de "film catastrophe", cette oeuvre est
en effet impressionnante. Tout y est démesuré et d'autant plus
anxiogène, que le récent tsunami, qui a dévasté tous les rivages de
l'océan indien, vient tragiquement rappeler que le réel est parfois
loin d'être inférieur, en énergie destructrice, à
l'imaginaire.
Le développement des effets numériques permet évidemment de
spectaculaires réalisations. Si l'on excepte la séquence des loups, qui
n'ont que peu de rapport esthétique avec l'animal véritable, tout le
reste est aussi bouleversant que monumental. L'envahissement de
Manhattan par une vague monstrueuse, le navire russe évoluant au milieu
des buildings, la vague de glaciation, sont autant d'images qui
resteront longtemps gravées dans les mémoires.
Pour ce qui est du domaine humain, nous demeurons en revanche dans le
classique connu. La narration se centre sur un petit nombre de
personnages, et, quel que soit le sujet ("La tour infernale",
"Tremblement de terre, ou autres "747 en péril"...), on retrouve
sensiblement les mêmes caractéristiques : couples séparés, parents à la
recherche de leurs enfants, scientifiques éclairés confrontés à
l'obscurantisme de certains responsables, prise de conscience des
éléments importants de l'existence... Bref, une panoplie classique
qu'il serait assurément difficile de changer. Roland Emmerich a quitté
l'ironie jouissive de "Independence day" pour aborder avec sérieux
un domaine qui semble fort étranger aux préoccupations
actuelles de certains dirigeants mondiaux (les Etats-Unis et la Chine en
particulier !). Et pourtant, qui peut affirmer avec certitude que les
scientifiques alarmistes se trompent ?
Une
réussite indéniable.