Les dangers qui menacent la planète ont
au moins une conséquence positive : la création d'une multitude de
documentaires qui, grâce aux techniques modernes, donnent naissance à
des images aussi spectaculaires qu'inoubliables. "Earth" (à
ne pas confondre avec la série "Planet Earth", dont ce film
est un condensé de condensé), ne fait pas exception à la règle. Le film nous offre,
tour à tour, des images poétiques, dramatiques et envoûtantes,
drôlatiques (ah ! l'oiseau de Paradis faisant se pavanant devant sa
belle vaut son pesant de cacahuètes !), amusantes (le petit
éléphanteau nous rappelle avec nostalgie le "Livre de la
Jungle"), et bluffantes (les changements de saison quasi
instantanés : le grand requin blanc bondissant de plusieurs mètres
au-dessus de l'eau, au ralenti, une otarie dans ses mâchoires...!).
Inutile de préciser que ces images, dont la magie et la beauté nous
paraissent naturelles, ont dû demander un travail technique faramineux
!
Trois points suscitent cependant une réserve. Premièrement, hormis en
ce qui concerne la saga de l'ours polaire, le spectateur ressort de
cette projection avec l'impression, assurément fausse, que le monde
animal n'a jamais été aussi surabondant. Deuxièmement, la musique
tient une place démesurée, en durée comme en décibels, alors que sa
fadeur générale ne le justifie aucunement. Enfin le commentaire,
passe-partout, pour ne pas dire ponctuellement nigaud, n'est pas à la
hauteur des spectacles sublimes qui nous sont proposés.