Une soucoupe volante apparaît
brusquement un jour dans le ciel de Washington et se pose. Un être à
l'apparence humaine en descend. Légèrement blessé par un militaire,
il est admis dans un hôpital. L'homme, qui dit se nommer Klaatu
(Michael Rennie), confie à un envoyé du Président des Etats-Unis le
but de son voyage interplanétaire : livrer un message aux
représentants de toutes les nations du monde. Mais, en pleine guerre
froide, il est hors de question de faire accepter aux dirigeants une
réunion. Klaatu s'enfuit de la clinique et prend le nom de Carpenter.
Il emménage dans une maison où habitent plusieurs locataires, dont
Helen Benson (Patricia Neal) et son fils Bobby (Billy Gray). Klaatu
prend contact avec un savant, le Professeur Jacob Barnhardt (Sam
Jaffe)...
Pour le moins éclectique dans ses choix artistiques "La Mélodie
du bonheur", "West Side Story",
"La Maison du Diable"...),
Robert Wise a souvent laissé des oeuvres marquantes, y compris dans le
domaine de la science-fiction, ainsi qu'en témoigne ce film qui utilise
l'intervention d'un extra-terrestre pour stigmatiser la folie de la
chasse aux sorcières alors en plein développement. Cela dit, le
contexte historique particulier, avec la psychose de l'étranger non
conforme à la norme, n'enlève rien à la portée universelle du
message que Klaatu adresse aux peuples du monde. Message qui renforce
d'ailleurs chaque jour son actualité, au fur et à mesure que la
technique humaine se développe et que des allumés en tous genres
accèdent aux plus hautes fonctions gouvernementales. La terre est-elle
en voie de constituer une menace pour l'équilibre du cosmos ? A n'en
pas douter, c'est LE sujet majeur qui devrait occuper l'esprit des
responsables en tous genres. Sous des dehors simplistes, le film
souligne avec énergie et intelligence l'aberration générale des
entités terrestres. Un peu à la manière du "Starman"
de John Carpenter ( il est amusant de noter que Klaatu prend le nom de
Carpenter pour se dissimuler ), l'oeuvre de Robert Wise choisit de
privilégier une sobriété absolue, qui n'exclut nullement l'impact de
scènes mémorables ( les plans fixes exposant les effets de l'action de
Klaatu pour manifester au monde entier son pouvoir sont plus percutantes
que ne le seraient nombre de trucages numériques modernes
spectaculaires ). Si la fin paraît un peu abrupte, suivant en cela le
style de l'époque, il n'en demeure pas moins que l'humanisme militant
et la réflexion universelle que véhicule la narration demeurent un
demi-siècle après, d'une pertinence totale.