Un gigantesque procès est
intenté par l'Etat à 20 personnes suspectées d'être des pontes ou
des exécutants de la Mafia, dont Nick Calabrese (Alex Rocco), Carlo
Mascarpone (Frank Pietrangolare), Tom Napoli (Richard DeDomenico). Une
armada d'avocats, menés par Ben Klandis (Peter Dinklage), défend les
accusés. Jackie DiNorscio (Vin Diesel), qui purge déjà une peine de
30 ans de prison pour trafic de drogue, est lui aussi présent. Mais,
contre toute attente, il décide d'assurer lui-même sa défense. Le
Procureur Sean Kierney (Linus Roache) est persuadé que la
culpabilité sera prononcée...
Tiré d'une histoire véridique, (le véritable Jackie DiNorscio est
d'ailleurs décédé pendant le tournage), le film brosse un raccourci
des 627 jours de procès ! Sydney Lumet n'est pas un novice dans le
genre. A 82 ans, il laisse derrière lui quelques oeuvres
particulièrement marquantes : "Douze
hommes en colère", "Le Verdict", "L'avocat
du Diable", "Un après-midi de chien", mais aussi "Equus"
ou encore "Serpico". Dans le cas présent, le plus difficile
a sans doute été de faire le tri parmi les milliers de pages qui ont
dû naître au cours de ce procès fleuve. Cela dit, est-ce la fatigue
due à l'âge, ou un choix délibéré du réalisateur, toujours
est-il que le scénario se focalise presque exclusivement sur la
personnalité hors normes de Jackie, reléguant les autres
protagonistes, à l'exception peut-être de l'étonnant avocat nain
Ben Klandis (Peter Dinklage), et, dans une moindre mesure, de Kierney, dans une ombre un peu
factice. L'ensemble, très vivant, se regarde avec un plaisir
gourmand. Vin Diesel, à mille lieues de Xander Cage ("xXx"),
révèle un tempérament manipulateur hautement excitant, oscillant
avec fluidité de l'insolence à l'agressivité, de la bonhomie à
l'insulte, de la vulgarité à la sensitivité.
Pourtant, le spectateur un tant soit peu exigeant peut sortir de cette
évocation doublement frustré. D'une part, mais, dans ce domaine,
l'auteur n'y est pour rien, ne faisant que relater les faits, en
raison de l'affligeante conclusion qui démontre, si quelqu'un en
doutait encore, que l'être humain est une créature aisément
malléable par les professionnels de la forfaiture. D'autre part,
surtout, parce que l'ensemble ne se hisse jamais au-dessus de
l'ouvrage bien fait, ludique, mais sans réelle profondeur. Tous les
intervenants sont des marionnettes parfaitement huilées, mais ce ne
sont que des marionnettes, qui plus est, agitées dans un cadre très
académique. Nous sommes bien loin de la haute tension de "Douze
hommes en colère" ou de la plongée en apnée dans les
méandres pathologiques du mental d'Alan Strang ("Equus").
Un divertissement très savoureux, sans plus.