John Hammond (Richard
Attenborough) a dépensé une fortune pour créer, dans une île au large
de Costa Rica, un parc d'attractions unique au monde : la reconstituion
de dinosaures clonés à partir de sang contenu dans des moustiques
momifiés ! Tout est quasiment prêt mais les actionnaires s'inquiètent
et envoient un avocat pour enquêter. Hammond fait alors appel à deux
spécialistes des sauriens, Alan Grant (Sam Neill) et Ellie Sattler
(Laura Dern). Il les convie dans son île espérant obtenir leur aval
pour rassurer les détracteurs de son projet. Mais, pendant ce temps,
l'un des employés, Dennis Nedry (Wayne Knight) reçoit une forte somme
pour livrer des embryons à un laboratoire. Pour les dérober, il lui
faut couper les sécurités du parc. C'est le début d'une catastrophe...
Malgré ses onze ans d'âge, ce qui est beaucoup au rythme de l'évolution
des trucages numériques, ce film n'a aucunement vieilli. Certes,
l'histoire tient sur une feuille de papier à cigarette. Mais Steven
Spielberg possède l'art de passionner et de faire frémir le spectateur
en racontant une aventure, aussi simple soit-elle. Il prend son temps
pour installer le drame annoncé, amène lentement les différentes
composantes du danger qui menace, nous sert au passage une petite
réflexion sur la manipulation des forces naturelles, nous offre de
beaux moments, comme la naissance d'un petit saurien. Puis, lorsque le
moment est propice, il dégoupille son bouquet final à explosions
multiples, admirablement structuré, utilisant toutes les ressources
génératrices de panique : la nuit, l'enfance fragile, l'instinct de
chasseur des dinosaures, le bruit, les synchronismes...
Les trucages
sont criants de vraisemblance, le tricératops malade est plus vrai que
nature, le T-Rex et les Vélociraptors semblent tout droit sortis d'un
zoo contemporain. Et, si le déroulement ne sort jamais d'une
prévisibilité bienséante ou convenue, l'ensemble réserve de beaux
moments de frousse, surtout à l'intérieur des bâtiments. Alors,
qu'importe si la caractérisation des personnages demeure au stade
larvaire : Hammond est un grand gamin inconscient ; Grant, allergique
aux enfants, déploie tous ses talents et son courage pour les secourir
; quant à Ian Malcolm (Jeff Goldblum), il est le "sage" de l'histoire.
Simplicité, concentration de l'action, et grosses bébêtes infiniment
plus crédibles que dans "Alien", voilà la recette efficace d'un film
basique, qui marque une étape importante dans la matérialisation de
créations fantasmagoriques.