Louis
Boffano (Tony Lo Bianco), un mafieux notoire, est suspecté d'avoir fait
tuer l'un de ses rivaux, Salvatore Riggio et le petit-fils de celui-ci.
Il est traduit devant les tribunaux. Un jury est constitué. Annie Laird
(Demi Moore), mère célibataire du jeune Oliver (Joseph Gordon Levitt),
accepte d'en faire partie. Mais, rapidement, elle est menacée par un
soi-disant Mark Cordell (Alec Baldwin). Elle devra voter "non
coupable", sous peine de voir son fils assassiné. Elle accepte et tente
de convaincre les autres membres du jury...
Demi Moore
n'a pas de chance avec les personnages de femmes sculpteurs ! Six ans
plus tôt, dans "Ghost", elle voyait disparaître
tragiquement son bien-aimé. Ici, c'est son rejeton qui est menacé du
même sort ! Mais chacun le sait, elle est une femme forte. Ou, tout au
moins, si elle-même l'ignore au début de l'histoire, le poids de la
menace va lui permettre d'en prendre conscience. Le scénario, assez
primaire dans son essence, se voit néanmoins développé d'une manière
captivante, grâce à la personnalité des deux adversaires. Tandis
qu'Annie se découvre un courage, un pouvoir manipulateur, une énergie
passionnelle qui lui était inconnus, Mark présente un tempérament
suffisamment original et ambivalent, pour que son personnage
de tueur implacable tranche avec le tout venant des "méchants" mille
fois vus. Il entretient avec "l'ennemi" une étrange relation, ambiguë,
faite de menaces et de fascination. Bien servi par Alec Baldwin, dont
la froideur glaçante laisse parfois surgir des geysers pathologiques,
il parvient à surprendre, à inquiéter (debout, dans le noir, écoutant
sur ses baffles les scènes d'intimité d'Annie et de son fils), et même
à émouvoir.
Ce n'est pas du "grand" cinéma, mais l'intrigue est convenablement
traitée et le suspense intelligemment conduit jusqu'à un final
"exotique"...