Paul
Kersey (Charles Bronson), architecte dans une grande société,
Blueridge, rentre avec sa femme Joanna (Hope Lange) d'un voyage à
Hawaï. Quelques jours plus tard, en compagnie de sa fille Carol
(Kathleen Tolan), elle est agressée, à son domicile, par trois voyous
qui se font passer pour des livreurs. Joanna y laisse la vie et Carol
la raison. La police enquête, mais sans résultat. A la suite d'un
voyage à Tucson, quelques mois plus tard, Paul reçoit en cadeau un
revolver de collection...
Ce film a d'étranges ressemblances, sur le plan anecdotique, avec le premier "Rambo"
de Ted Kotcheff. Ce sont deux oeuvres intéressantes qui, par la faute
de suites devenues des franchises aussi simplistes que violentes et
racoleuses, se sont vues éclaboussées par un opprobre qui ne les
concernait pas.En effet, le scénario fait preuve ici d'une certaine
intelligence et de mesure, tout en explorant, superficiellement, c'est
vrai, les conséquences socio-politiques de la justice individuelle.
Trois ans après l'apparition de Harry Callahan ("Dirty Harry"),
Charles Bronson devient donc un second symbole charismatique de la
justice expéditive, la police traditionnelle étant engluée dans les
sables mouvants de l'impuissance et d'une législation filandreuse. Sans
doute marqué par son rôle dans "Il était une fois dans l'ouest",
il impose ici un personnage assez déroutant. On qualifiera son
incarnation de sobre, si l'on est dans une vision positive, et de peu
expressive, si l'on est dans une disposition moins favorable. Quoi
qu'il en soit, ce drame, à la réalisation très classique, a marqué
profondément les esprits, et n'a pas fini d'alimenter les discussions
sur la gestion humaine du "bien" et du "mal"...