Simon Polaris (Jean-Pierre Bacri) a écrit une
douzaines d'ouvrages. Présentement, il est en profonde dépression. Se
désintéressant de sa femme, Anna (Nicole Garcia), de ses deux grands
enfants, Alice (Eleonore Gosset) et Thomas (Lucas Bonnifait), il passe
ses journées assis dans un fauteuil à attraper les mouches qui passent
à sa portée. Alice, orthophoniste, entretient une liaison avec un
spécialiste ORL, Robert Janssen (Sam Karmann).Un jour, Simon apprend
que son psychanalyste, Victor Kuriakhine (François Chattot)
possède une montre ayant appartenu au Président John Kennedy. La
possession de cet objet devient une véritable obsession...
Comme nombre de ses consoeurs françaises ("Ah, si j'étais riche",
"La femme de ménage",
"Un petit jeu
sans conséquences", "La
confiance règne"...), cette oeuvre possède des qualités
certaines : écriture sympathique, personnages agréablement définis
(exception faite des deux enfants dont l'individualité passe un peu à
la trappe), humour pince sans rire, causticité de bon aloi...
Jean-Pierre Bacri, qui n'en est plus à sa première incarnation du
misanthrope déprimé agressif, joue évidemment sur du velours, d'autant
plus que l'analyse en voix off de son état ne manque ni de justesse, ni
d'authenticité grinçante. Sans qu'il y ait véritablement une entrée et
une sortie dans l'histoire, nous assistons à une suite de moments
acides, tragi-comiques, parfois lunaires, dans la vie d'un couple au
bord de l'implosion. Malheureusement, la trame narrative est
désespérément rectiligne, aucun pic ne dépasse (sauf, peut-être, à la
rigueur, la jouissive séquence de pétage de plombs sur le bateau), et
l'agrément certain que l'on prend à suivre cette succession de saynètes
traditionnelles s'efface bien vite lorsque le générique de fin est
terminé. Cela dit, il faut reconnaître que le mérite de Sam Karmann
n'est pas mince, car réussir à capter l'attention de manière continue
au moyen d'un fil conducteur aussi ténu, n'est pas une sinécure. Il
doit une fière chandelle à la conjonction de Jean-Pierre Bacri et de
Nicole Garcia, toujours aussi magnétique, mais également au savoureux
psychanalyste, brillamment incarné par un Sociétaire de la Comédie
Française, François Chattot.