Harry Lockhart (Robert Downey Jr.) est un voleur à la petite
semaine. Poursuivi par les flics lors d'un cambriolage raté, il est
pris par erreur dans un essai pour casting et se retrouve donc,
quelques jours plus tard, dans une réception mondaine, au milieu de
la faune hollywoodienne. Il est attiré par une jeune femme, Harmony
Faith Lane (Michelle Monaghan), se fait tabasser par l'accompagnateur
de la belle, et rencontre Gay Perry (Val Kilmer), qui
"travaille" pour le producteur Dabney Shaw (Larry Miller)...
Mettez dans un grand bol un bon vieux polar des années cinquante,
peuplé de femmes plus ou moins fatales, de détectives minables, de
richissimes pourris, narré avec une lenteur savamment entretenue,
tourné dans des décors glauques en noir et blanc, doté d'une
intrigue confuse... Ajoutez beaucoup de vinaigre, un battage
énergique au mixer, des colorants pétants, une bonne dose de
dynamite, des dialogues à la mitrailleuse, une narration en voix off
gorgée de références et d'humour. Vous obtiendrez à peu près le
résultat qui nous est offert ici. C'est-à-dire une intrigue toujours
aussi nébuleuse, (mais elle n'est qu'un prétexte à la douce folie
ambiante), une vivacité de tous les instants (parfois à la limite du
saoulant, reconnaissons-le), une juxtaposition de séquences
jouissantes, et un trio de personnages hauts en couleur. Ceux-ci
sont merveilleusement servis par Robert Downey Jr. en minable
sympathique (ça ne nous surprend pas tellement), par Val Kilmer (en
homosexuel assumé, ce qui surprend davantage), et surtout par
Michelle Monaghan, qui révèle une nature et une expressivité aussi
charmeuses que magnétiques. C'est décapant, original (le film recule
par moments au gré des approximations narratives de Harry), souvent
excitant. L'oscillation est permanente entre le comique, le
superficiel, l'humour noir, le drame, avec un net penchant pour les
trois premiers. Au final, cette histoire foldingue procure une
jubilation immédiate (ce qui n'est déjà pas si mal), mais
éphémère.