Constance (Marina Hands) est une jeune et jolie femme. Elle vit dans
une grande propriété avec son époux, Clifford (Hippolyte
Girardot), à moitié paralysé. Sans en être très consciente, elle
vit une frustration intense. Lorsqu'un jour Clifford la charge d'un
message pour le garde chasse, Parkin (Jean-Louis Coullo'ch), elle
ressent une étrange émotion. Ses passages près du petit chalet où
travaille l'homme se font de plus en plus fréquents...
Il est légitime de se demander quelle motivation peut pousser un
réalisateur, en l'occurrence une réalisatrice, à transcrire une
nouvelle fois le roman de D.H.Lawrence, certes fort riche
psychologiquement, mais tout de même un peu anachronique en ce début
du troisième millénaire. Cela d'autant plus que ce ne sont pas les
illustrations qui manquent, et que la liberté d'adaptation est
particulièrement réduite, si l'on veut rester tant soit peu fidèle
à l'ouvrage.
Sans conteste, les qualités de la réalisation sont nombreuses. Une
approche nuancée, délicate et sensible de la sexualité dans une
époque et au coeur d'une société où le sujet était pour le moins
tabou. Une héroïne incarnée avec subtilité par Marina Hands,
discrètement sensuelle, profondément expressive et gorgée de
charme. Un garde-chasse ( pourquoi a-t-on changé son nom de Mellors,
d'ailleurs ? Quelle idée ! ), dont le physique disons...
"difficile" surprend au premier abord, mais qui se coule
dans la peau de son personnage avec une justesse constante. Un époux
ambigu habité avec talent par Hippolyte Girardot... Enfin, un régal
de tous les instants pour les amateurs de promenades bucoliques, qui
auront tout le loisir d'admirer les petites fleurettes et d'ouïr le
bruissement du vent dans les branches.
Tous ces éléments étant constatés et appréciés à leur juste
valeur, il n'en demeure pas moins que l'ennui guette au coin des
bosquets. Même si les personnalités sont habitées par leurs rêves,
leurs fantasmes, leurs pulsions, le manque de matière ( surtout dans
le cas de la version longue ! ), joint à un
minimalisme prononcé des dialogues ( il faut attendre les cinq
dernières minutes pour qu'un premier échange oral s'amorce entre les
deux amants ! ), donne au temps une impression
d'étirement qui devient, à la longue, pesante. Ce qui signifie, dit
plus techniquement, que la touche d'accélération de la
télécommande se révèle parfois d'un grand secours pour éviter
l'assoupissement.
( Le commentaire concerne la version longue. Près de 3 heures, tout
de même... )