1960. Une quinzaine d'élèves
embarquent sur "l'Albatros" pour une année scolaire en mer. Il y a là
Charles 'Chuck' Gieg (Scott Wolf), Frank Beaumont (Jeremy Sisto),
Robert March (David Lascher), Gil Martin (Ryan Philippe)... Le
"Skipper" est Christopher Sheldon (Jeff Bridges), accompagné de son
épouse, Alice (Caroline Goodall), responsable des cours scientifiques.
Le commencement de la "croisière" révèle les différentes personnalités.
Les difficultés, tant psychologiques que matérielles, commencent à se
faire jour...
Quatre ans après "1492, Christophe Colomb", Ridley Scott repart sur les
flots pour mettre en images cette tragique aventure véridique. La
première partie, entièrement consacrée à l'apprentissage de la
communauté, aux petits drames intimes, aux tentatives de rebellions,
aux difficultés d'intégration de chacun des jeunes élèves, suit un
bonhomme de chemin classique, assez prosaïque, tranquille, pas
foncièrement original, mais sympathique. Le morceau de bravoure, si
l'on peut dire, réside bien sûr dans la tempête, le "grain blanc" du
titre anglais. Même si l'on n'atteint pas le degré de réalisme d'un "Master and Commander", pour ce qui relève du
domaine technique, la scène est cependant d'une incontestable
efficacité, d'une intensité poignante et débouche sur un final
judiciaire qui doit beaucoup au "Cercle des poètes disparus". Exploration de son identité propre, sens
de la responsabilité, union devant l'adversité, quête du père
symbolique capable de guider sur le chemin de la vie, tous ces éléments
se fondent dans ce dénouement qui ne manque ni de noblesse ni de
grandeur. Le personnage du "skipper" Sheldon demeure, dans l'ensemble,
assez énigmatique et monolithique. Homme d'une seule femme (il ne
s'est jamais remarié), d'un idéal absolu, il est fidèlement rendu par
un Jeff Bridges qui ne laisse que bien rarement émerger sa sensibilité.
Bernard
Sellier