Un coup d'état au Nigeria
renverse le President Samuel Azuka, qui est massacré ainsi que sa
famille. Le lieutenant Waters (Bruce Willis) est chargé de récupérer un
médecin faisant partie d'une organisation humanitaire, Lena Fiore
Kendricks (Monica Bellucci). Mais celle-ci refuse de quitter la mission
sans les réfugiés valides qui s'y trouvent. Waters accepte, mais
lorsque les hélicoptères se présentent quelques heures plus tard, au
point de rendez-vous, il fait embarquer de force la jeune femme en
laissant sur place les Nigérians. En survolant la mission, il voit que
tous ses membres ont été massacrés, et, contre l'avis de son capitaine,
Bill Rhodes (Tom Skerritt), fait demi tour afin d'embarquer les femmes
et les enfants. Lui-même, son commando, Lena et quelques Nigérians
s'enfoncent dans la brousse en direction du Cameroun. Mais une colonne
de rebelles les poursuit inlassablement...
Si l'on excepte le fait que ce drame se déroule en Afrique noire,
continent douloureusement marqué depuis des décennies, sinon des
siècles, par des rivalités tribales meurtrières, et dont les génocides
se voient bien souvent supplantés, cinématographiquement, par la guerre
du Vietnam, il est légitime de se poser la question de l'utilité d'un
tel film. L'horreur au quotidien, les menaces de l'environnement
hostile où chaque bruit, chaque arbuste peuvent dissimuler la mort, le
courage, le désespoir et la poursuite de l'impossible que l'on pare du
nom d'honneur... Rien de vraiment nouveau dans cette oeuvre haletante,
honnêtement menée, mais qui ne renouvelle jamais le genre et se
contente d'aligner les morceaux de bravoure habituels. On a connu
Antoine Fuqua plus inspiré dans son thriller décapant "Training day". Monica
Bellucci, loin de son look glamour et ravageur, campe un personnage
crédible, et Bruce Willis retrouve avec conviction ses rôles musclés de
représentant de l'ordre international.
Rien de nouveau sous le soleil, rien que du traditionnel, hélas encore
et toujours d'actualité. Sombres et magnifiques chants
d'accompagnement. A méditer, tout de même, la phrase qui clôt le film :
"la seule chose nécessaire au triomphe du mal est l'inaction des gens
de bien". Qui sont les gens de bien ?... Voilà une grande question dont
la réponse risque d'être bien nébuleuse !