Ben
Campbell (Jim Sturgess) est un brillant mathématicien de 21 ans. Ils
souhaite plus que tout au monde intégrer l'université de Harvard pour y
effectuer ses études de médecine. Ses capacités intellectuelles lui en
donnent la possibilité, mais pas ses capacités financières. Il espère,
sans trop d'illusions, décrocher la bourse Robinson, lorsqu'un de ses
professeurs, Micky Rosa (Kevin Spacey), ébloui par ses talents de
calculateur mental, lui propose d'intégrer un petit groupe qu'il a
formé dans un seul but : rafler des centaines de milliers de dollars
dans les casinos de Las Vegas, grâce aux talents mathématiques de ses
élèves et à quelques astuces plus ou moins proches de l'escroquerie...
Les histoires d'arnaque promettent souvent une matérialisation
excitante, parfois entièrement concrétisée dans la réalité (
c'est le cas de la célèbre et jouissive "Arnaque" de George Roy Hill ), parfois hélas uniquement théorique ( comme ce fut le cas dans le récent et médiocre "Cash"
de Eric Besnard ). Dans le cas présent, le film oscille entre ces deux
extrêmes. Filmée avec un brio indéniable, habitée par des acteurs
sympathiques à défaut d'être vraiment charismatiques (hormis le
toujours intense Kevin Spacey), l'aventure se suit sans ennui et
réserve même quelques petits retournements de situation bienvenus.
Mais, à côté de cela, il faut reconnaître que les personnages, à
l'exception de Ben, ne possèdent qu'une bien faible épaisseur
psychologique, que les mécanismes de l'arnaque sont survolés avec une
désinvolture qui les rend pour le moins abscons, et que le principe
même de la filouterie manque singulièrement d'excitation sur la
distance. Heureusement que le scénario réussit à insuffler une certaine
intensité dramatique dans les relations du groupe, car l'absence des
poussées de tensions et de suspense façon "Ocean's eleven" ou "Haute voltige"
aurait pu conduire l'oeuvre vers un encéphalogramme, sinon plat, du
moins passablement anémié. La vision de l'ensemble pourrait être
comparée à l'ingestion d'une eau gazeuse. Ça pétille, ça excite agréablement les papilles, mais l'effet du plaisir gustatif disparaît sitôt la dernière goutte avalée...
Bernard
Sellier