Danny Madigan (Austin
O'Brien) est un jeune garçon passionné de cinéma et, plus
particulièrement, des aventures abracadabrantesques du justicier Jack
Slater (Arnold Schwarzenegger). Justement, le quatrième épisode de la
série est sur le point de sortir sur les écrans. Nick (Robert Prosky),
le vieux projectionniste ami de Danny, propose à ce dernier de venir
assister, à minuit, à la projection test du film. Avant de pénétrer
dans la salle, Nick remet à l'adolescent un ticket magique lui ayant
été donné jadis par le grand magicien Houdini. Le film commence. Mais,
brusquement, Danny se retrouve précipité dans la voiture de Slater
poursuivi par des tueurs...
Les Américains auraient-ils perdu le sens de l'humour ? A supposer
qu'ils l'aient eu, bien sûr ! C'est le cas si l'on en croit la cotation
(5,4/10) de ce film, par les spectateurs, sur le site de IMDB.
Une véritable descente en flammes. Pourtant,
à partir d'un sujet rebattu (invincible héros contre méchants
patibulaires) qui s'épuise à longueur de réalisations, John
McTiernan réussit une création bourrée d'intelligence,
d'ironie, de références filmiques, qui ne se prend jamais au sérieux,
ce qui n'empêche nullement les scènes d'action mouvementées et les
cascades spectaculaires. Il serait vain et fastidieux de relever toutes
les correspondances, les gags, les bons mots, les personnages réels ou
cartoonesques qui croisent le chemin de Danny et de Slater,
tant les trouvailles pétaradent sans répit. C'est un véritable bain de
jouvence que le réalisateur donne à ces péripéties souvent
involontairement comiques lorsqu'elles prétendent à une gravité
artificielle. Les méchants sont une caricature des plus réussies, entre
le tueur (Tom Noonan) à la hache au faciès épouvantable, l'homme de
main, Benedict (Charles Dance), dont l'oeil est un smiley, jusqu'au
mafioso délirant ,Tony Vivaldi, brillamment incarné par Anthony
Quinn.
Nous
assistons à une variation pétillante et ludique sur le thème de
l'illusion, des apparences, du mensonge, de la pertinence du réel, de
la confiance, du pouvoir de l'imaginaire, et, même, si l'on pousse le
bouchon un tantinet plus loin, du mirage de l'existence terrestre que
l'homme pense être la seule vie existante, ignorant ou voulant ignorer
tout du monde de l'au-delà qui est pourtant bien proche de nos
perceptions. Jouissance permanente des mots, des situations (Danny met
en garde son héros contre l'un de ses coéquipiers, John Practice (F.
Murray Abraham, en lui disant qu'il a tué Mozart !, référence au
superbe "Amadeus" de Milos Forman), plaisir
d'assister à la prestation d'un Schwarzenegger qui se moque avec
délectation du genre qui a fait sa gloire (Danny tente de le
persuader que Jack Slater n'est qu'un personnage
inventé de toutes pièces en l'amenant dans un vidéo club pour lui
montrer qu'il a tourné "Terminator",
mais la pochette mentionne... Stallone !), bref, un délire permanent et
délicieux qui ne se repose jamais et réinvente, dans un burlesque
délectable et une association trépidante, tous les poncifs du genre.
Dans le genre, un pur délice, qui se clôt de façon géniale sur
l'intervention du personnage de la Mort, issu du "Septième Sceau"
d'Ingmar Bergman...