Cal
Lightman (Tim Roth) travaille pour le FBI en tant que... détecteur de
mensonges. Il est en effet spécialiste de la détection des
micro-mouvements du visage ou du corps qui trahissent les émotions
soigneusement dissimulées par les suspects ou les témoins. Il est aidé
en cela par Gillian Foster (Kelli Williams), Eli Loker (Brendan Hines),
et une jeune femme, récemment engagée pour son intuition remarquable,
Ria Torres (Monica Raymund). L'une des premières enquêtes concerne la
mort violente d'une professeure de lycée, le principal suspect étant
l'un de ses élèves, dont les parents sont Témoins de Jéovah...
A l'évidence, une base scénaristique particulièrement originale à
l'instar de celle qui animait les épisodes de "Numb3rs".
Si la psycho-physiognomonie n'est pas une science nouvelle, c'est une
agréable surprise de la voir évoluer et occuper la totalité de l'espace
d'une série policière. Le risque, dans une entreprise fondée sur
un concept en apparence très réducteur, était de voir naître un
essoufflement au bout de quelques épisodes. Il n'en est heureusement
rien. D'une part, grâce à un renouvellement bienvenu des univers dans
lesquels Cal est amené à intervenir (le monde politique, universitaire,
carcéral, celui des pompiers, l'armée...), aussi riches que variés. D'autre part
grâce à l'incarnation profondément vivante et vibrante que Tim Roth
donne de son personnage. Tour à tour pince sans rire, énigmatique,
savamment manipulateur, un brin méprisant, un brin mégalo, mais
toujours intensément humain, il donne à ces aventures une saveur
goûteuse et puissamment épicée qui est un pur régal. Les intrigues sont
elles aussi conduites avec maestria, délaissant le plus souvent le
sordide et l'agitation pour faire la part belle aux drames intimes.
Intelligente, instructrice, excitante, souvent passionnante, voilà une
série qui change agréablement des éternelles giclées d'hémoglobine ou
autres courses poursuites épuisantes...