Septembre
1939. Les armées allemandes ont envahi la Pologne et les Juifs sont
contraints de se regrouper à Cracovie. En mars 1941, ils sont parqués
comme des bêtes dans un ghetto. Un riche nazi, Oskar Schindler (Liam
Neeson), décide d'acheter une fabrique d'ustensiles de cuisine. Pour
cela, il convainc un comptable juif, Itzhak Stern (Ben Kingsley), de
travailler à ses côtés, et d'obtenir un financement de compatriotes
fortunés. Grâce à de faux certificats de travail, un grand nombre de
séquestrés du ghetto obtiennent un emploi à l'usine. Mais deux ans plus
tard, Amon Goeth (Ralph Fiennes), est chargé de nettoyer totalement
cette prison déguisée...
Exceptionnellement, certaines oeuvres désamorcent spontanément l'envie
d'écrire un commentaire. Comment avoir la motivation nécessaire pour
déclarer son appréciation de tel point, ou sa contestation pour tel
autre, lorsque de semblables scènes se déroulent sous nos yeux ?
Lorsque l'abomination, érigée en devoir d'état, aveugle des dizaines de
milliers d'hommes issus d'un des pays les plus cultivés du monde, au
point de les ravaler à un niveau inférieur à celui de toutes les bêtes
sauvages connues ? Cet enfermement dans la barbarie absolue, tout comme
dans celle d'un Staline, demeure difficilement compréhensible. Tout
comme l'est l'obstination de ces esprits pourtant élevés, qui ont
encore l'aveuglement de prétendre que ce génocide a été inventé !
Osera-t-on dire que Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes sont
inoubliables dans leurs incarnations ? Que le choix judicieux du noir
et blanc, mêlant intimement fiction et images d'archives, propulse le
spectateur, corps et âme, au coeur de l'horreur ? Que le génie habite
chaque séquence... C'est dérisoire.
Un seul mot suffit pour qualifier ce film : indispensable !