Les parents adoptifs du petit Jérémie Jimmy Bennett), 7 ans,
décident de se séparer de lui. C'est du moins ce que déclare la
mère du garçonnet, Sarah (Asia Argento), une femme de 23 ans,
paumée, droguée, en rut perpétuel, dotée d'une fibre maternelle
quasiment inexistante. Après avoir subi une agression sexuelle de la
part d'un des amants de sa mère, il est confié à ses grands parents
(Ornella Muti, Peter Fonda), qui ont pour seul aliment la Bible...
Récit en sauts de puce, personnages déjantés, séquences hachées,
montage parfois hystérique, à l'image de l'héroïne, absence quasi
totale de liant entre des séquences qui deviennent de plus en plus
disjonctées, confrontation primaire entre obsession du plaisir,
attirance morbide pour la déchéance et enfermement dans une
bondieuserie maniaque, rapports psychologiques pour le moins
rudimentaires, symbolisme lourdingue... Il n'y a pas grand chose, dans
cette bribe de parcours mère-fils, pour permettre au spectateur
d'exercer sa compassion, son attachement, ou même simplement son
intérêt. L'affliction qui devrait légitimement naître devant la
galère endurée par ce petit bonhomme de sept ans est
systématiquement laminée par la forme convulsive du récit. On
regarde cette femme-enfant au visage hagard, aux réactions
imprévisibles, qui dort en suçant son pouce, fait passer son fils
tantôt pour son frère, tantôt pour sa fille, on observe ce petit
garçon ballotté comme un fétu de paille entre les états
pathologiques extrêmes de sa mère, et c'est avec une stupéfaction
certaine que l'on s'aperçoit que l'émotion demeure au vestiaire. Les
images s'agitent, les gros plans, les accélérations, s'invitent sans
que leur incursion paraisse enrichir en quoi que ce soit le drame qui
se développe théoriquement sous nos yeux. Le dénouement, à
supposer que l'on puisse donner ce nom aux courtes secondes qui
précèdent le générique, est d'une banalité totale... Eprouvant,
mais pas vraiment dans le sens émotionnel auquel on aurait pu
s'attendre...!