Loretta Sinclair (Alfre
Woodard) vit à Chicago, chez sa mère, Rosa (Mary Alice), avec ses deux
enfants, Thomas (Mpho Koaho) et Tracy (Kulani Hassen). Sans travail,
inculte, elle passe ses nuits à boire et ses journées à dormir. Lasse
de cet état de choses, Rosa décide d'envoyer la jeune femme avec ses
enfants, pour l'été, chez son frère, Earl (Al Freeman, Jr), qui vit
avec sa femme, Annie (Esther Rolle), dans le sud des Etats-Unis. Annie,
atteinte de la maladie d'Alzheimer, est confiée aux bons soins d'une
jeune servante, Zenia (Loretta Devine)...
Mise en images de l'adage positiviste : "qui veut peut", voilà un bien
beau film qui évite intelligemment tous les pièges tendus sous ses pas
: misérabilisme, manichéisme, réthorique...! Avec une simplicité
touchante, beaucoup de tendresse maîtrisée, un naturel constant, une
grande sobriété, la réalisatrice nous convie à la réinsertion d'une
femme désemparée, dans la vie affective et professionnelle. La ville de
Chicago, avec ses dangers permanents, le délire qui impose de s'armer
dès que l'on devient adolescent, n'est pas montrée comme une
abomination. Cette calme campagne du Mississipi, où le temps s'écoule
tranquillement mais dans l'inquiétude d'un avenir précaire, n'est pas
montrée comme un paradis. Simplement, une suite d'événements simples,
quotidiens, quelques échanges intimes, et, surtout, la personnalité
d'Earl (joué par l'excellent Al Freeman Jr.), , empli de compassion
sous des dehors bougons, permettront à Loretta de percer les brumes de
l'illusion pour revenir à une conscience objective plus saine de sa
vérité intérieure. Mais le personnage principal, si l'on peut dire, est
évidemment ce "Nathan", candélabre volé par Jesse, l'ancêtre, à ses
patrons, qui avaient vendu son père comme esclave. Devenu le symbole de
l'unité familiale, transmis de génération en génération, l'objet
devient une sorte de talisman magique, doté d'un pouvoir quasi
surnaturel.
Pour l'anecdote, on n'est pas peu surpris de voir Wesley Snipes, entre "U.S. Marshals" et "Blade",
quitter ses habituels rôles musclés ("Drop
zone",
"Passager 57", "Demolition man", "Money train"...) , pour incarner ici
un fils sensible et produire une oeuvre de ce genre !
Une histoire classiquement filmée, mais d'une vibrante humanité.