Depuis trois ans six
survivants du vol 615 sont revenus dans le monde "normal". Hugo Reyes
(Jorge Garcia), Kate Austen (Evangeline Lilly), Jack Shephard (Matthew
Fox), Sun-Hwa-Kwon (Yunjin Kim), Desmond Hume (Henry Ian Cusik),
Sayid Jarrah (Naveen Andrews) ont tous, de concert,
menti sur leur séjour dans l'île mystérieuse, en affirmant être les
seuls survivants du crash. Pendant ce temps, dans l'île, des événements
plus qu'étranges perturbent grandement les habitants. John Locke (Terry
O'Quinn) reçoit une information qui le trouble profondément. Il a pour
mission de ramener les six "évadés", faute de quoi une catastrophe se
produira. Même s'il doit pour cela mourir...
Si
certains passages des saisons précédentes (en particulier dans la
troisième) manquaient singulièrement de rythme et de matière, ce n'est
pas le cas présentement ! Il serait même possible de dire que c'est
l'overdose ! A coups d'allers et retours permanents dans des passés
plus ou moins proches, les concepteurs semblent vouloir compenser d'un
coup la lenteur que l'on a pu reprocher ponctuellement à la série. Une
certaine folie régnait sur cette histoire dès le commencement, mais,
là, c'est carrément le délire total. Le spectateur est-il plus informé
pour autant des tenants et aboutissants de cette sombre et complexe
mission "Dharma" ? De la fonction de cette île aux propriétés
passablement déconcertantes ? Disons qu'il est surtout ballotté dans
une
foultitude d'instants à la fois séparés et simultanés, à l'intérieur
desquels se déroulent des événements tellement en dehors des normes
physiques habituelles, que la raison se voit totalement
déboussolée. Et puis, en cours de route, syndrome malheureusement
hérité de la saison 3, le scénario se met à patiner sérieusement, même
si quelques surprises s'invitent ici ou là. Mais la frénérie
d'invention est tellement intense que le spectateur se voit précipité
dans un tourbillon magnétique qui, à l'instar de celui qui se cache
dans les profondeurs de l'île, attire irrémédiablement celui qui passe
à portée de ses vibrations.
Au sortir de cette cinquième mouture, une seule certitude : une
saison 6 est indispensable. Pour ce qui est des qualités proprement
dites de ces épisodes, disons qu'ils se révèlent souvent un
fourre-tout, très souvent une nébuleuse opaque, mais que, malgré cela,
miracle assez remarquable, ils se montrent toujours aussi passionnants,
grâce à un mixage savant de mystères insondables et de relations
humaines intenses.