Un allumé, nommé Montazano,
engage avec la police une course poursuite qui se termine fort mal pour
lui, puisqu'il percute de plein-fouet un trente-huit tonnes ! Le malheur
est que ses compagnons motards décident de le venger. Sous la conduite
du "Chirurgien" (Hugh Keays-Byrne), ils s'attaquent en premier
à Jim Goose (Steve Bisley), qui finit brûlé vif. Traumatisé par
cette tragédie, Max Rockatansky (Mel Gibson), décide de démissionner.
Devant le refus de son chef, Fifi Macaffee (Roger Ward), il accepte de
prendre des vacances en compagnie de sa femme, Jessie (Joanne Samuel).
Mais celles-ci ne seront pas de tout repos...
Si le film est devenu un classique du genre vengeance pure et dure, il
n'en reste pas moins que la surprise est au rendez-vous. Celle de
contempler un Mel Gibson, à ses débuts, mais, surtout, quasiment
méconnaissable. Pourtant, "L'Arme
fatale" sera tournée seulement huit ans plus tard. Ici nous
avons devant les yeux un petit jeunot, fraichement rasé, cheveux
courts, qui ne possède pas encore le charisme exceptionnel qu'il
développera par la suite. Mais on reconnaît déjà cependant chez lui
une belle dose d'énergie. Surtout lorsque, comme cela se produira
fréquemment dans les drames qu'il vivra ultérieurement, de méchants
vraiment pas beaux s'attaquent à sa famille !
Le canevas est on ne peut plus simpliste, le scénario tient sur une
feuille de papier à cigarettes et la concentration sur l'action est
absolue. Pas de psychologie, pas de digressions, à peine une scène
romantique de deux minutes. Tout est axé sur la vitesse des bolides, la
furie des intervenants, la frénésie des pulsions. Même si l'ensemble
donne une impression de vite fait, renforcée encore par un dénouement
plus abrupt que les chutes Victoria, il est indéniable que le
réalisateur parvient à insuffler à sa création un style, un rythme,
une folie généralisée, une urgence, qui métamorphosent ce petit film
superficiel en une bombe toujours efficace trente ans après sa
sortie.