Daniel Hillard (Robin
Williams) est père de trois enfants, Lydia, l'aînée (Lisa Jakub), Chris
(Matthew Lawrence) et la petite Natalie (Mara Wilson). Sa femme,
Miranda (Sally Field) réussit brillamment dans son métier de
décoratrice, et apprécie fort peu le comportement infantile de son
conjoint, toujours prêt à mettre en place les pires délires. Elle
demande donc le divorce et Daniel se voit contraint, la mort dans
l'âme, de quitter le foyer conjugal. Bien décidé à voir ses enfants
beaucoup plus longtemps que ne l'a permis le juge, il se métamorphose
en une vieille nurse digne, Iphigénie Doubtfire, et entre au service de
Miranda...
Après la performance de la merveilleuse Julie Andrews dans "Victor
Victoria" (1982) et l'impressionnant Dustin Hoffmann dans "Tootsie" (la
même année !), c'est le cabotin et jouissif Robin Williams qui se
frotte au transformisme. On pouvait craindre le pire, ou, tout au
moins, des débordements d'un goût douteux. Et, en fin de compte, le
résultat est plus qu'agréable. Cette comédie sentimentale tire sur la
corde sensible (les relations d'un père excentrique et rejeté avec ses
enfants attendrissants), mais le fait avec une sincérité de bon aloi
et, dans la seconde partie surtout, donne une belle part à la tendresse
et à un humanisme extraverti. L'histoire est résolument optimiste,
(mais est-ce une tare ?) et centre son développement sur le pouvoir de
transformation de l'amour. Même si le vaudeville pointe parfois son
gros nez (la séquence du restaurant), le réalisateur a le bon sens d'en
limiter les déferlements, tout en conservant le charme ludique qu'il
génère. Robin Williams n'en fait pas trop dans le registre
mythomaniaque et Sally Field compose une mère écartelée avec
sensibilité.
Un très bon divertissement, simple et spontané.