Charles Boulin (Dany Boon) travaille avec son collègue Jacques
Kurtz (Michel Vuillermoz) au service du contentieux d'une banque de
prêt. Las de subir les reproches d'avarice que lui assène son
épouse Anne (Michèle Laroque), il se résout à l'achat d'une
propriété en banlieue. Les quelques travaux de rénovation
nécessaires seront exécutés, selon les affirmations de l'agent
immobilier, Jean-Pierre Draquart (Daniel Prévost), en un tournemain,
grâce à une équipe de choc, composée de Mouloud Mami (Zinedine
Soualem) et de Donatello Pirelli (Laurent Gamelon). Malheureusement,
Charles perd son travail et le chantier ne démarre pas vraiment sur
les chapeaux de roue...
Adapté d'une pièce de théâtre écrite par Dany Boon, le film
renoue avec le genre de vaudeville plus ou moins burlesque qui semble
dater d'une bonne cinquantaine d'années. On a l'impression d'assister
à une caricature de caricature. Les ficelles, les gags, les
situations, les personnages sont aussi primaires qu'énormes.
Tellement "hénaurmes" que les zygomatiques finissent par
céder devant l'accumulation de catastrophes. Si Dany Boon, en
super-Nunuche, se montre
assez monolithique dans sa descente aux enfers, si Michèle Maroque,
toujours délicieusement précieuse, est largement sous-employée,
Daniel Prévost, comme à l'accoutumée sur le fil du délire, compose
un agent immobilier escroc des plus réjouissants. L'excès est tel,
dans tous les domaines, que l'on ne peut parler vraiment de satire,
mais, pour celui qui a subi les tourments des travaux interminables et
les calamités des restaurations cauchemardesques, ce déballage
constituera un référentiel rassurant. En effet, jamais aucun
chantier ne pourra atteindre ce degré de catastrophisme. Jamais une
équipe d'ouvriers ne saura égaler le niveau effroyable des
branquignols présentés par Jean-Pierre. Voilà déjà deux points
largement positifs ! Le but n'est manifestement pas de travailler dans
la finesse du trait, mais de construire une grosse mécanique apte à
dérider les moroses. La mission est accomplie !