1871. Le "Paradis" est l'un des bordels les plus luxueux de Paris.
L'une des plus anciennes pensionnaires, Vera (Anne Charrier) est sur le
point de quitter l'établissement définitivement, son amant le Baron Du
Plessis (Quentin Baillot) ayant l'intention de racheter sa dette auprès
de la tenancière, Hortense Gaillac (Valérie Karsenti). Pendant que ces
tractations se déroulent, une jeune fille, Rosalie (Jemima West) arrive
à Paris à la recherche de sa mère. Il semblerait que celle-ci ne soit
autre que Vera...
Une reconstitution
d'époque soignée (encore que les décors soient en permanence noyés dans
une pénombre omniprésente et pesante), saupoudrée de quelques
évocations historiques (les Communards...), pour envelopper une suite
de drames potentiellement émouvants, mais hélas fort peu palpitants
dans leur
réalité visuelle. La responsabilité en revient sans doute
principalement au scénario, beaucoup trop lâche et dilué, pas toujours
très limpide, qui joue avec des personnages principaux très moyennement
charismatiques (exception faite pour Hortense), et des individualités
annexes peu définies. Ainsi qu'à une imbrication déficiente des
différentes intrigues entre elles. Qui plus est, il manque cruellement
un ou
plusieurs enjeux dramatiques majeurs qui permettraient de supporter
sans trop d'impatience d'innombrables séquences étirées ou dépourvues
de tension émotionnelle. Même l'horrible destin de la petite Rosalie a
bien de la difficulté à crever l'écran pour empoigner le spectateur et
le faire vibrer corps et âme. Ne parlons même pas des atterrantes
musiques contemporaines anglo-saxonnes, plaquées sur les scènes
pseudo-érotiques, qui, par leur anachronisme et leur décalage total
avec le temps et le lieu de l'action, procurent à celles-ci un ridicule
total.
Si les concepteurs de la série ont voulu montrer que l'univers de la
prostitution (qu'il soit passé ou présent), est celui de la tristesse,
de la détresse, et de l'ennui, il a parfaitement réussi. Mais il n'est
pas sûr sur le dernier qualificatif, qui domine haut la main, était
celui qui était recherché...