Un
juene
provincial, Olivier (Gérard Depardieu), fraichement arrivé à Paris,
aide son copain Mario (André Rouyer) à vendre des livres à domicile.
Ils arrivent un jour chez une jeune femme, Ariane (Bulle Ogier), et lui
viennent en aide pour un petit problème matériel. Ayant appris que la
propriétaire de l'appartement du dessous est absente pour plusieurs
mois, ils s'introduisent de nuit pour cambrioler les lieux. Quelle
n'est pas leur surprise de découvrir que l'espace est en communication
avec l'étage supérieur, et qu'Ariane y reçoit des clients fort
particuliers...
Dans son premier film, "More", Barbet Schroeder
avait déjà manifesté un goût pour les personnalités déviantes et
jusqu'au boutistes. On retrouvera d'ailleurs cette prédilection dans
"Jeune femme partagerait
appartement". Dans le cas présent, le spectateur se trouve face à
une sorte de mixage improbable entre "Les
Valseuses" et "Belle de jour". Du premier émanent quelques effluves
du vent de liberté qui emportait le trio mémorable créé par Bertrand
Blier. Du second émergent de sombres pulsions sexuelles ainsi que des
personnalités pour le moins morbides. Malheureusement, l'histoire qui
se déroule devant nous est bien loin d'atteindre les niveaux inspirés,
exaltés, et/ou symboliques des deux oeuvres précitées.
Fondamentalement axé sur le couple Bulle
Ogier-Gérard Depardieu, le récit offre, certes, un portrait de femme
indépendante, libérée, aussi cru que saisissant, mais tout l'enrobage
dans lequel évolue Ariane affiche une primarité qui, pour celui qui
n'est pas fan de sado-maso, se révèle lassant, répétitif, et, somme
toute, peu générateur de progression dramatique. En fait, cette suite
de séquences relativement gratinées semble surtout avoir pour
justification un désir de bousculer les barrières puritaines qui
bloquaient toute création jusqu'au milieu des années 70. De cette
passion qui naît entre deux êtres marginaux, nous ne saurons pas grand
chose, ni sur ses motivations, ni sur son impact émotionnel. Et, plus
encore que les quelques scènes véritablement osées qui parsèment le
film, c'est la courte séquence de l'abattage d'un cheval qui enfonce
dans la mémoire du spectateur un clou d'horreur viscérale.
Film sur
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