Robert
Thorn (Gregory Peck) est ambassadeur à Rome. Sa femme, Katherine (Lee
Remick) accouche d'un enfant mort né. Le Père Spiletto (Martin Benson)
convainc Robert de ne rien dire à son épouse, et de faire passer un
bébé, dont la mère vient de mourir, pour leur fils. Quelques années ont
passé. Damien (Harvey Stephens) a 5 ans. Robert a été nommé ambassadeur
à Londres. Lors de la fête d'anniversaire de l'enfant, sa gouvernante
se pend en criant qu'elle accomplit cela pour le bien du garçonnet. Un
jour, Robert reçoit la visite du Père Brennan (Patrick Troughton), qui
semble obsédé par un Verset de l'Apocalypse...
Alors que John Moore, le réalisateur de "En territoire ennemi"
vient de pondre (on se demande bien pourquoi !), en cette
année 2006, un remake du film de Richard Donner, il est bon de se
replonger dans l'original, d'autant plus que, trente ans après,
celui-ci conserve toutes ses qualités. Dans ce long métrage, le premier
qui soit conçu pour le grand écran, le futur créateur des "Arme Fatale" se montre
particulièrement inspiré. Délaissant (à une ou deux exceptions près) le
spectaculaire et l'horreur simpliste, il s'attache à l'évolution
psychologique des personnages, fondant l'angoisse, qui s'amplifie
efficacement tout au long du drame, beaucoup plus sur des regards, des
mots, des attitudes, que sur des effets sanglants ostentatoires. La
narration privilégie en permanence l'atmosphère normale d'une famille
ordinaire, tout en injectant, à doses progressives, l'inquiétude,
l'anormalité, puis la terreur pure, mais a le bon goût de conserver,
aux événements, une dignité, une sécheresse, une banalité et une
vraisemblance constantes. Gregory Peck et Lee Remick, tout en
distinction, sont parfaitement en situation. Quant à Mrs. Baylock
(Billie Whitelaw), sorte de Madame Danvers ("Rebecca")
aussi policée que diabolique, elle glace le spectateur de son regard
faussement obséquieux.
Sans doute la mise au goût du jour de cette oeuvre
s'accompagnera-t-elle d'une addition de folie, de sang, de
sensationnel, indispensables pour tenter de se faire remarquer au
milieu d'une production contemporaine où le "toujours plus" est de
rigueur. Ce qui est certain, c'est que le film de Richard Donner, tout
en simplicité, conserve, comme c'est aussi le cas, par exemple, de "La Maison du Diable", une
sacrée puissance évocatrice.