Andy Safian (Bill Pullman)
est conseiller d'éducation. Il vit avec sa femme, la charmante Tracy
Kennsinger (Nicole Kidman) qui s'occupe bénévolement d'enfants. Un
tueur rôde sur le campus et a déjà assassiné plusieurs étudiantes. La
dernière victime est sauvée par un brillant chirurgien qui vient d'être
nommé au centre hospitalier, le docteur Jed Hill (Alec Baldwin). Dana
Harris (Bebe Neuwirth) mène l'enquête. Andy décide de louer une partie
de son appartement à Jed, malgré l'avis défavorable de Tracy. Celle-ci,
souvent victime de douleurs abdominales, doit être un soir transportée
d'urgence à l'hôpital et opérée. Jed décide de faire l'ablation des
deux ovaires. A son réveil, Tracy, qui était très désireuse d'avoir des
enfants, décide d'attaquer en justice et demande vingt millions de
dollars d'indemnité...
Dans la veine assez classique de "Trahie" ou de "Faute
de preuves",
"Malice" déroule un scénario savamment agencé jusqu'au coup de théâtre
final. L'atmosphère est sombre, aussi bien psychologiquement que dans
les décors, et le trio d'acteurs est parfaitement crédible. Alec
Baldwin est tout à fait à sa place dans ce personnage de brillant
chirurgien, orgueilleux et méprisant, qui aurait une fâcheuse tendance
à se prendre pour Dieu. Quant à Nicole Kidman, elle affiche sa beauté
glaçante en accord parfait avec le rôle qui lui est dévolu. La
construction dramatique et les rebondissements sont suffisamment
efficaces pour tenir en haleine jusqu'au dénouement. Ceci dit,
l'ensemble demeure quand même assez conventionnel, pour ne pas dire
artificiel, et ne s'élève pas au niveau dramatique et
émotionnel de certains thrillers, tel, par exemple, "Faute de preuves".
En raison, sans doute, de personnages (surtout Tracy et Jed), à la
psychologie trop superficielle pour que leurs agissements parviennent à
s'intégrer dans une logique négativiste implacable.
Un bon moment cependant, et quelques frissons bien venus.