François
(Gérard Lanvin) et Denis (Michel Blanc) débarquent d'un cargo à
Marseille. Ils arrivent de Grèce où ils ont vécu de petits boulots et
d'un peu de guitare. Ils envisagent de gagner Paris, afin de rencontrer
un certain Gérard, qui doit permettre à François de se lancer pour de
bon dans la musique. Arrivés non sans peine dans la capitale, c'est la
désillusion sur toute la ligne. Gérard n'habite plus à l'adresse
indiquée, et l'argent manque cruellement...
Ce premier film de Michel Blanc en tant que réalisateur est en fait
davantage une suite de petites saynètes qu'une histoire réellement
charpentée comme le sera "Grosse fatigue". Fondée sur la cohabitation
de deux individualités a priori antagonistes (le romantique rêveur
idéaliste et le dépressif pessimiste), la trame suit le quotidien
minable des deux compagnons qui, au final, se révèlent quasiment aussi
paumés et fragiles l'un que l'autre, sans vraiment développer un axe
majeur. Le plaisir, indéniable, que l'on prend à suivre cette virée
naît en grande partie du personnage de Michel Blanc, éternel loser
geignard, et des quelques réparties mémorables qui parsèment le récit.
Dommage que la psychologie reste à ce point sommaire. C'est assez
drôle, assez sympathique, mais globalement très superficiel. Les épices
sont là : une pincée d'humour, un zeste de tendresse, un soupçon de
réalisme. Mais le plat principal lui-même a été quasi oublié. Dans le
même style, "Viens chez moi,
j'habite chez une copine", sorti 3 ans plus tôt, est tout de
même nettement plus consistant.