Maria Álvarez
(Catalina Sandino Moreno) travaille dans une entreprise de
conditionnement de fleurs. Lasse de la pression imposée, elle
démissionne. Sa mère et sa soeur Diana (Johanna Andrea Mora) ne
comprennent pas son attitude. Dans une boîte de nuit, Maria
fait la connaissance de Franklin (Jhon Alex Toro). Apprenant qu'elle
cherche du travail, il lui fait rencontrer un de ses contacts, Javier
(Jaime Osorio Gomez) qui recherche des "mules" afin de transporter des
sachets de drogue vers les Etats-Unis. Dans l'avion qui l'emmène vers
New York, Maria se retrouve avec son amie Blanca (Yenny Paola Vega) qui
effectue le même "travail"...
Ce qui frappe dans ce film, outre bien sûr l'horreur que suscite le
sujet, c'est avant tout l'aspect presque documentaire de l'approche
narrative. Aucune boursouflure, aucun pathos, pas le moindre dérapage
vers le spectaculaire, le sensationnel ou le pathétique. La sobriété
est permanente, aussi bien dans le scénario que dans la mise en scène.
Le début apparaît presque banal et, si le développement de l'histoire
glisse progressivement vers une tragédie maîtrisée, c'est avant tout à
l'enchaînement naturel inéluctable des événements qu'il le doit, et non
à une intervention artificielle de la réalisation. La forme
cinématographique est constamment au service du fond, épousant avec
pudeur la sécheresse de celui-ci grâce, il faut le noter, à la dignité
extraordinaire de l'actrice principale, dont la beauté et la gravité
sont inoubliables. Femme enfant égarée, noyée dans la folie des hommes,
elle trouve, dans l'épreuve assumée, la voie initiatique qui la
conduira, peut-être, vers une certaine délivrance.
Le réalisateur aborde un sujet propice aux débordements avec une
maîtrise et une retenue exemplaires. Loin des approches où la violence
et le suspense explosent au visage du spectateur, il nous offre une
page d'humanité qui serre le coeur.