Le grand jour est arrivé ! Johanna (Chloé Lambert) et Benjamin (Alexis
Loret) se marient ! La mère de la jeune fille, Gabrielle (Miou-Miou),
prépare activement la réception, avec l'aide de Micky (Lio) et de
Valentine (Mathilde Seigner). Les membres de la famille arrivent peu à
peu : Hugo (Antoine Duléry), époux de Micky et oncle de Johanna ;
Chantal (Catherine Allegret) et Jacques Dupré (Michel Lagueyrie), les
parents du marié. Puis Pierre (Didier Bezace), le père de Johanna,
depuis longtemps éloigné du foyer conjugal, fait une apparition
remarquée, en compagnie d'une cantatrice russe à laquelle il a promis
le mariage. Enfin, Benjamin arrive flanqué de son meilleur ami et
témoin, Alex (Jean Dujardin), mari de Valentine. Les festivités
commencent...
C'est à un dynamitage forcené de la condition maritale que nous invite
la réalisatrice. Si les yeux et les mots avaient été remplacés par des
revolvers, nous aurions assisté à un carnage intégral, façon
"règlements de compte à O.K. campagne" ! Pas un invité n'aurait survécu
! L'excès, manifeste dans le cas présent, est-il vraiment un défaut ?
Si l'on s'en tient à une vraisemblance psychologique, peut-être. Mais
si l'on demeure sur le plan purement cinématographique et
comico-dramatique, le résultat est souvent jouissif. D'autant plus que
le scénario, qui démarre sur les chapeaux de roue, réussit l'exploit de
maintenir quasiment jusqu'au bout son énergie dévastatrice et gentiment
subversive. Cerise sur le gâteau, les comédiens entrent avec une
conviction communicative dans cette ronde assassine. Jean Dujardin,
générateur permanent de sentences meurtrières internationales sur
l'institution du mariage, et Mathilde Seigner, aussi véhémente que
désemparée, sont particulièrement incisifs et saignants. Qualité non
négligeable : malgré le choix délibéré de la démesure dans les
règlements de comptes et les culpabilités générales, les protagonistes
ne sont jamais réduits à l'état de pantins manipulés par une trame
artificielle. Chacun d'eux est incarné avec justesse, parfois avec
tendresse, et leur humanité fragile n'est jamais totalement oubliée. Si
le texte est prépondérant, le visuel tient également une place majeure,
la caméra captant avec gourmandise les expressions et les attitudes.
Quant au final, petit rayon de soleil (provisoire ?) dans un tunnel
cyclonique, il est à la fois poétique et intelligent.
Une surprise délicieusement pimentée, même si la superficialité demeure
la règle générale.