Marie-Jo
(Ariane Ascaride) est mariée à Daniel (Jean-Pierre Darroussin),
entrepreneur de maçonnerie marseillais. Elle a une fille, Julie
(Julie-Marie Parmentier) et travaille dans une société d'ambulances.
Depuis plusieurs mois, elle entretient une relation avec Marco (Gérard
Meylan), pilote maritime. Ce qui devait être une aventure sans
lendemain devient un véritable amour et Marie-Jo se retrouve
prisonnière d'une double passion sans clé pour résoudre le dilemme.
"Marius et Jeannette", grandement apprécié par nombre de critiques, ne
m'avait pas laissé un souvenir enthousiasmant. Et le début de ce film,
englué dans une nonchalance sympathique mais terne, assemblage de
petits riens, de dialogues ténus, naturels, mais pas vraiment
passionnants, ne laissait pas augurer d'un changement
d'appréciation.
Pourtant, à mesure que s'installent les événements, que nous pénétrons
l'intimité du coeur de la jeune femme, une évolution positive se met en
place et, insensiblement, la superficialité s'efface pour se
transformer en une authenticité profonde, une sincérité grandissante et
un approfondissement douloureux des personnalités du trio. Le
réalisateur, grandement secondé par son épouse Ariane Ascaride
profondément émouvante, Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin, nous
découvre, avec une pudeur et une tendresse infinies les souffrances
secrètes, la blessure des non-dits, la mise à vif des failles de chacun
des personnages. Avec simplicité, subtilité, il nous fait prendre
conscience de la frontière arachnéenne qui sépare la joie ressentie
dans l'amour inconditionnel et le désespoir qui accompagne
l'inéluctable jalousie accompagnée de son cortège de douleurs et de
culpabilité.
Un beau film grave retenu et mélancolique, remarquablement interprété,
à la seconde partie un peu longue, qui se clôt sur une note étonnamment
sombre, mais tellement logique...