Richard
Langley (Pierce Brosnan) est l'ami d'enfance de Harry Allen (Chris
Cooper) et l'union de ce dernier avec Pat (Patricia Clarkson) lui
semble un modèle de réussite. Aussi, lorsqu'Harry lui avoue être fou
amoureux de Kay Nesbitt (Rachel McAdams), Richard tombe-t-il des nues.
Il comprend mieux le coup de folie de son ami lorsqu'il fait la
connaissance de la jeune femme, puisqu'immédiatement il ressent lui
aussi une attirance indéniable. Le problème de Harry est qu'il ne veut
pas faire souffir son épouse. Il cherche donc un moyen de résoudre le
dilemme sans savoir que, de son côté, Pat entretient une relation avec
un écrivain, John O'Brien (David Wenham)...
Le concept de base ( comment se débarrasser d'une épouse
importune ) n'est pas franchement original. Mais il est possible de
transcender cette fadeur d'inspiration par divers artifices, soit dans
le développement de l'intrigue, soit dans le traitement narratif, soit
dans la caractérisation des personnages. Manifestement, la
réalisatrice, par ailleurs co-scénariste, n'a pas cherché à sortir son
oeuvre d'une routine tranquille, pour ne pas dire ennuyeuse. Elle fait
assurément preuve d'une finesse incontestable, d'une sensibilité
retenue dans le trait. Rien à redire non plus de Chris Cooper,
sobrement expressif, capable de transmettre une multitude d'émotions en
quelques regards ou mouvements de visage. Mais ces quelques éléments ne
suffisent pas à passionner un spectateur qui a bien de la peine à
entrer dans ces intimités gentiment perturbées. Le scénario, dont on
espère jusqu'à la fin une excitation même superficielle qui ne vient
jamais, se révèle lâche, le rythme est poussif, et les dialogues ne
laissent jamais sourdre un ruisselet d'audace ou de piquant. Comme si
le fait de refuser tout débordement sensationnel ou sanglant, ce qui en
soi n'a rien de rédhibitoire, nécessitait de sombrer dans une léthargie
permanente, un échange policé de lieux communs, et un embryon de
suspense à peine esquissé. Vaguement mélancolique, mais surtout soporifique...