Don Diego de la Vega (
Anthony Hopkins ) est un riche aristocrate californien. Il est l'époux
heureux de la charmante Esperanza, et le père de la non moins adorable
Elena. Mais il est aussi Zorro, le défenseur des faibles opprimés par
l'odieux Don Rafael Montero ( Stuart Wilson ). Ce dernier s'apprête à
faire fusiller trois paysans innocents dans le but de capturer son
ennemi. Le sauvetage des trois malheureux a bien lieu comme prévu. Mais
Don Diego est arrêté et emprisonné quelque temps plus tard. Sa femme
est tuée par un soldat, sa fille enlevée par don Rafael. Vingt ans ont
passé. Don Rafael revient d'Espagne avec Elena ( Catherine Zeta Jones )
qui se croit sa fille, ainsi qu'un grand projet : acheter la Californie
au Général Santa Anna avec l'or qu'il extrait en secret d'une mine.
Pendant ce temps, Don Diego s'est échappé et entreprend la formation du
jeune Alejandro Murrieta ( Antonio Banderas ) dont le frère a été tué
par l'âme damnée de Rafael, le capitaine Harrison Lowe ( Matt Letscher
).
La légende de Zorro est fortement attachée à cette période du milieu du
dix-neuvième siècle qui précède de peu celle des westerns qui étaient
fort en vogue dans les années 60-70, et qui ont à peu près déserté le
paysage cinématographique actuel. Il faut dire qu'ils ne se prêtent
guère à l'intervention quasi obligatoire des effets spéciaux
numériques. Et puis les modes ne s'expliquent pas toujours très bien !
Martin Campbell a renouvelé avec bonheur ce mythe qui s'épuisait
quelque peu. Les scénaristes ( au nombre de sept !) ont eu l'ingénieuse
idée de dédoubler le personnage et en introduisant l'initiation de
celui qui remplace l'enfant que don Diego a perdu. Les chevauchées et
combats inhérents à l'histoire, ici agréablement gonflés
d'énergie et de panache, alternent avec des scènes intimistes, le tout
parsemé d'humour et de sensualité (la scène de duel entre Alejandro et
Elena dans l'écurie). Cette cohabitation donne naissance à une oeuvre
sensible et palpitante, habitée par un choix particulièrement judicieux
des acteurs. Catherine Zeta Jones irradie de beauté et de volonté
farouche. Antonio Banderas est totalement à l'aise dans ce personnage
de bandit aussi fougueux qu'ignorant. Le capitaine Love est un odieux
individu, cruel et glaçant. Quant à Anthony Hopkins, que l'on
n'attendait pas spécialement dans ce rôle (mais y en a-t-il
un dans lequel il n'excelle pas ?), il se montre
toujours aussi impressionnant de charisme et de sensibilité.
Au final, un très agréable divertissement, soutenu, qui plus est, par
une musique discrète et superbe.
Film sur
IMDB