Danny
Brogan (David
Morrissey), sa femme Evelyn (Lucy Cohu), ainsi que leurs deux enfants
jumeaux, Zoe (Felicity Jones) et Mark (Harry Treadaway)
arrivent
à Meadowlands pour mener une nouvelle vie. Ils emménagent dans une
charmante villa et font connaissance de leurs voisins, en particulier la
pétulante Brenda Ogilvie (Mélanie Hill). Evelyn est angoissée par le
mutisme dont souffre son fils depuis certains événements dramatiques.
Elle s'en ouvre au médecin de la cité, David York (Tristan Gemmill).
Danny, lui, veut croire que l'existence des membres de sa
famille
peut reprendre un cours normal. Il faut préciser que Meadowlands
n'abrite que des témoins sous protection, dans l'attente, on le suppose, d'un procès
dont l'issue leur permettra peut-être de vivre ensuite sans avoir
besoin de changer de nom et de domicile...
Une
idée de départ pour le moins originale. Pourtant, dès les premières
minutes, on envisage le pire. Dans un décor sympathique, aux couleurs pimpantes, qui rappelle la ville de Jim Carrey dans "The Truman show",
voire, mais en beaucoup moins pittoresque, le délicieux village où est
retenu le "Prisonnier", évoluent des personnages aussi improbables que
déjantés, qui donnent rapidement l'impression de plonger dans une
sitcom dotée d'un humour au quatrième degré. Somme toute, ce serait un
choix tout à fait acceptable si, parallèlement, l'intrigue ne se
développait sur un registre de plus en plus dramatique. Or la réussite
est une question de dosage et d'équilibre. Autant le mariage
drame-humour décalé était idéalement atteint dans "Pushing daisies",
par exemple, autant ici cette cohabitation respire l'artificiel quand
ce n'est pas le pitoyable. Comble de malchance, il faut attendre la fin
de l'épisode 3 (sur 8 !) pour que le scénario sorte de son marasme, et
commence à vivre réellement. Malheureusement, bien que le mystère
s'épaississe et que les relations entre les réfugiés se tendent,
l'enthousiasme ne s'envole jamais et ce n'est pas le dénouement,
manifestement simplifié à l'extrême, qui laissera un souvenir
impérissable. En effet, les thèmes abordés (conditionnement de l'être,
influences mutuelles de l'inné et de l'acquis, pouvoir de la
suggestion) appelaient à l'évidence des développements beaucoup plus
élaborés, d'autant plus que le passé des protagonistes, évoqué
ponctuellement par flash back, promettait de multiples interactions
passionnantes.
En théorie, il est donc possible de regretter que la série ait
été prématurément interrompue, mais dans la pratique, au vu de ce qui
nous est présenté, le regret s'amenuise fortement ! A défaut
d'aventures cohérentes ou surprenantes, il faut se contenter d'une
intrigue bâtarde, de propos philosophiques hautement révolutionnaires,
assénés avec un sérieux papal ("la vie est une métaphore du golf" (ah
bon !), et d'aberrations prétendument comiques, sans doute, mais
surtout risibles ( la "plus belle fille" de la ville doit avoisiner les
250 kg...). On se sait pas trop quelles étaient les intentions des
créateurs, le genre et la direction qu'ils souhaitaient donner à
leur oeuvre, toujours est-il que le résultat n'est pas foncièrement
engageant !