Un homme a été abattu d'une
balle dans la nuque, semble-t-il par une femme. Le détective Frank
Keller (Al Pacino) mène l'enquête, mais les éléments sont maigres. Un
peu plus tard, un autre homme est tué dans des circonstances
semblables. Le détective Sherman (John Goodman) se rend compte que les
deux affaires doivent être liées. Il propose à Keller de mettre en
commun leurs informations. Elles sont rares, mis à part le fait que,
dans les deux cas, la victime, avide de rencontres "chaudes", avait
fait paraître une petite annonce sous forme de poème. Ne trouvant pas
de piste, les deux policiers décident de passer eux-memes une annonce
et de prendre les empreintes de celles qui se présenteront...
Un flic perturbé psychologiquement, une femme fatale, une série de meurtres, on se croirait presque dans un "Basic Instinct"
avant la lettre. Avec cette différence que, malgré l'abattage de Al
Pacino, malgré le charme atypique et quelque peu vénéneux de Ellen
Barkin, le film de Harold Becker se révèle nettement moins dense,
passionnant et intense, que celui de Paul Verhoeven. L'histoire ne
manque pourtant pas d'un certain charme, la quête de l'amour prenant
assez rapidement le pas sur l'enquête policière. L'oeuvre est donc
davantage une variation souvent intéressante sur les apparences, les
illusions, le mensonge, le doute, qu'un polar dont on attendrait avec
avidité un dénouement sous haute tension. Comme ce sera le cas pour "Malice"
quelques années plus tard, le réalisateur nous propose un récit
attirant, bien servi par les acteurs, mais qui ne s'élève jamais vers
les sommets du genre.