Fletcher Reede (Jim Carrey)
est un avocat brillantissime dans le domaine de la défense des
coupables, grâce à une qualité de mensonge particulièrement
convaincante. Pour ce qui est de sa vie privée, c'est infiniment moins
rutilant. Sa femme Audrey (Maura Tierney) l'a quitté pour un homme
beaucoup plus reposant, Jerry (Cary Elwes), et son fils, Maximilien
(Justin Cooper), auquel il promet sans cesse monts et merveilles, sans
jamais tenir ses promesses, ne croit plus en lui. Le jour de son
cinquième anniversaire, Max fait un vœu : que son père cesse de mentir
pendant 24 heures. Et miracle ! Ca marche ! Tellement bien que Fletcher
voit s'effondrer en ruines la belle défense vicieuse qu'il avait montée
pour que sa cliente, Samantha Cole (Jennifer Tilly), puisse obtenir la
moitié de la fortune de son mari, malgré ses infidélités chroniques...
Ouah ! Qu'est-ce que ça déménage ! Pour sûr, Jim Carrey, qui n'est déjà
pas spécialement obèse, a dû perdre une demi-douzaine de kilos pendant
le tournage ! La base de l'histoire, aussi mince que lui, est une copie
conforme de celle de "Madame Doubtfire". Une femme charmante (délicieuse Maura
Tierney), lassée des délires de son époux, divorce. Mais, par malheur,
cet acte provoque celui du petit garçon ! Sniff ! Alors, comme le
gentil papa est très très très affligé de la séparation définitive qui
menace (maman doit partir avec son sage coquin à Boston, de l'autre
côté des Etats-Unis !), il va tout faire pour récupérer son petit
"globule" chéri... C'est-y pas touchant ? Une grosse différence, tout
de même, avec le film de Chris Columbus, c'est que Robin Williams y
était d'une sagesse absolue, on pourrait même dire d'une platitude
intense, comparé à ce grand diable de Jim Carrey. La (petite) bonne
idée de cette comédie pour le moins débridée, c'est évidemment le vœu
qui fait d'un avocat pourri jusqu'à la moelle, un cracheur de vérité
brisé par sa pathologie momentanée. Ensuite, ce n'est qu'une débauche
de grimaces, de pitreries, de délires (la scène du conseil
d'administration est cependant assez drôle), un ouragan de clowneries
passablement lassant ! Semblant frôler toutes les minutes l'apoplexie,
Jim Carrey en fait des mégatonnes. Si on peut apprécier ce genre de
délire, à la rigueur, dans une aventure aussi fantaisiste que "The
Mask",
il faut avouer qu'ici, ça devient très vite épuisant. J'avoue préférer
grandement l'acteur dans un registre plus sensible, où il réussit
d'ailleurs fort bien, comme le prouve son récent "Eternal sunshine of the spotless mind".