Vingtième James Bond
"officiel".
James Bond (Pierce Brosnan) est en mission en Corée. Il se fait passer
pour un négociant d'armes auprès du fils d'un général qui cache à son
père ses activités subversives. Après avoir détruit une grande partie
de la base, Bond fuit poursuivi par le jeune homme qui meurt. Fait
prisonnier, Bond demeure 14 mois dans les geôles du Général. Echangé
contre un prisonnier nord coréen, Bond retrouve la liberté,
mais pas la confiance de "M". Il enquête néanmoins sur un mystérieux
milliardaire, producteur de diamants, Gustav Graves (Toby Stephens),
dont les pierres avaient servi à la transaction. Il rencontre sur son
chemin la belle et mystérieuse Jinx (Halle Berry) et la blonde Miranda
Frost (Rosamund Pike), championne olympique d'escrime qui entraîne
Graves pour les prochains jeux...
Ouf ! Difficile de ne pas se perdre dans ce dédale touffu qui n'a
d'autre prétention que d'habiller d'un semblant d'histoire les moments
explosifs du film. Bond, imperturbable, costume toujours impeccable,
traverse ces aventures délirantes et massacre l'ennemi entre deux
coupes de champagne et quelques galipettes. Il y a longtemps que la
plus petite parcelle de vraisemblance avait déserté les productions.
Mais, de ci de là, on pouvait encore percevoir un certain charme, on
avait parfois envie d'y croire. Ici, c'est désormais du n'importe quoi
assaisonné à la sauce jeux vidéo. Oh, il y a toujours quelques paysages
(bien peu), quelques décors majestueux et originaux (le palais de glace
d'Islande), quelques moments forts, quelques menues trouvailles (la
voiture invisible), mais ce reliquat du siècle passé est désormais noyé
sous un déluge de scènes flirtant constamment avec le grotesque. Entre
Bond qui échappe à la fonte de la banquise ou qui survit sans problème
dans un avion dont il ne reste quasiment que le manche à balai, on
navigue constamment dans les zones virtuelles de l'abrutissement
total.
Si l'on s'en tient à ce qui demeure réel, on peut dire que le méchant
l'est, mais sans une once du charisme de Christopher Walken ("Dangereusement
vôtre"), ou
même du récent Jonathan Pryce ("Demain
ne meurt jamais").
Ici, c'est du brut de chez les brutes. La finesse a définitivement
déserté le monde des espions de Sa Gracieuse Majesté. Ce qui est tout
de même plus triste, c'est que le scénario se conjugue maintenant avec
un adage qui pourrait être : plus c'est gros, plus ça fait du bruit,
meilleur c'est, même si le ridicule pointe son nez à maintes reprises.
Mais, après tout, dans le monde d'aujourd'hui, le créateur est au
service du client. Autrefois, le peuple réclamait "du pain et des
jeux". En ce début de siècle, les spectateurs se nourrissent de "Mc
Do", de "X Box" et de cascades délirantes... Tout cela fait partie de
la vie, virtuelle ou pas...
Le plus triste, dans tout cela, c'est qu'au milieu de ces myriades
d'effets spéciaux aussi bruyants que dévastateurs, l'ennui guette ! Un
comble !
Heureusement, il y a la merveilleuse Halle Berry, qui apporte un peu de
sa douceur et de sa grâce dans le monde des brutes.