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" Meurs un autre jour ",

 ( Die another Day ),       2002,

de : Lee  Tamahori, 

avec : Pierce Brosnan, Halle Berry, Judi Dench, John Cleese, Toby Stephens,

Musique : David  Arnold

*******

     

    Vingtième James Bond "officiel".

    James Bond (Pierce Brosnan) est en mission en Corée. Il se fait passer pour un négociant d'armes auprès du fils d'un général qui cache à son père ses activités subversives. Après avoir détruit une grande partie de la base, Bond fuit poursuivi par le jeune homme qui meurt. Fait prisonnier, Bond demeure 14 mois dans les geôles du Général. Echangé contre un prisonnier nord coréen,  Bond retrouve la liberté, mais pas la confiance de "M". Il enquête néanmoins sur un mystérieux milliardaire, producteur de diamants, Gustav Graves (Toby Stephens), dont les pierres avaient servi à la transaction. Il rencontre sur son chemin la belle et mystérieuse Jinx (Halle Berry) et la blonde Miranda Frost (Rosamund Pike), championne olympique d'escrime qui entraîne Graves pour les prochains jeux...

    Ouf ! Difficile de ne pas se perdre dans ce dédale touffu qui n'a d'autre prétention que d'habiller d'un semblant d'histoire les moments explosifs du film. Bond, imperturbable, costume toujours impeccable, traverse ces aventures délirantes et massacre l'ennemi entre deux coupes de champagne et quelques galipettes. Il y a longtemps que la plus petite parcelle de vraisemblance avait déserté les productions. Mais, de ci de là, on pouvait encore percevoir un certain charme, on avait parfois envie d'y croire. Ici, c'est désormais du n'importe quoi assaisonné à la sauce jeux vidéo. Oh, il y a toujours quelques paysages (bien peu), quelques décors majestueux et originaux (le palais de glace d'Islande), quelques moments forts, quelques menues trouvailles (la voiture invisible), mais ce reliquat du siècle passé est désormais noyé sous un déluge de scènes flirtant constamment avec le grotesque. Entre Bond qui échappe à la fonte de la banquise ou qui survit sans problème dans un avion dont il ne reste quasiment que le manche à balai, on navigue constamment dans les zones virtuelles de l'abrutissement total. 

    Si l'on s'en tient à ce qui demeure réel, on peut dire que le méchant l'est, mais sans une once du charisme de Christopher Walken ("Dangereusement vôtre"), ou même du récent Jonathan Pryce ("Demain ne meurt jamais"). Ici, c'est du brut de chez les brutes. La finesse a définitivement déserté le monde des espions de Sa Gracieuse Majesté. Ce qui est tout de même plus triste, c'est que le scénario se conjugue maintenant avec un adage qui pourrait être : plus c'est gros, plus ça fait du bruit, meilleur c'est, même si le ridicule pointe son nez à maintes reprises. Mais, après tout, dans le monde d'aujourd'hui, le créateur est au service du client. Autrefois, le peuple réclamait "du pain et des jeux". En ce début de siècle, les spectateurs se nourrissent de "Mc Do", de "X Box" et de cascades délirantes... Tout cela fait partie de la vie, virtuelle ou pas...

    Le plus triste, dans tout cela, c'est qu'au milieu de ces myriades d'effets spéciaux aussi bruyants que dévastateurs, l'ennui guette ! Un comble !

    Heureusement, il y a la merveilleuse Halle Berry, qui apporte un peu de sa douceur et de sa grâce dans le monde des brutes.

Bernard  Sellier               

 

 

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