Michael
Clayton (George Clooney) a été un brillant élément de la société
d'avocats Kenner & Bach. Mais depuis quelque temps, il est un peu
sur la touche. Le bar acheté avec son frère Timmy (David Lansbury) a
été un fiasco, et il est présentement dans l'incapacité de rembourser
les 70 000 dollars dus aux créanciers. L'un de ses collègues, Arthur
Edens (Tom Wilkinson), qui s'occupe depuis des années de la défense
d'un important groupe agro-alimentaire, U North, pète soudainement les
plombs...
Dire que le premier tiers du film n'est pas un modèle de clarté est un
doux euphémisme. Le scénario semble partir un peu dans tous les sens,
avec moult séquences obscures, des ouvertures d'intrigues qui avortent
presque aussitôt, des personnages à la caractérisation imprécise... Le
spectateur est un peu perdu, ne sait pas trop dans quel couloir
narratif l'intrigue va se développer, ce qui donne au récit une
certaine originalité. Un peu comme si l'on était précipité tout de go
dans un monde grouillant auquel on est totalement étranger. Peu à peu,
certains éléments se décantent, et le nerf de l'histoire se dessine un
peu plus clairement. Ce choix de l'ellipse, qui s'applique aussi bien
aux événements qu'aux personnages, procure assurément un style
personnel à l'oeuvre, et, conjointement, a le mérite de donner
naissance à un personnage central relativement fragile, voire par
instants paumé, qui est bien loin des brillants héros, purs et durs,
capables de renverser, par leurs talents déductifs ou oratoires, les
situations les plus désespérées. La contrepartie est que la
juxtaposition des situations hétéroclites donne parfois une impression
de fouillis, et que, globalement, le film se révèle un peu terne.