Ben
Carson (Kiefer Sutherland) a quitté la police depuis un an, sombré dans
l'alcoolisme, et s'est vu mettre à la porte par sa femme Amy (Paula Patton). Pour tenter
de sortir de son mal être, il accepte un poste de veilleur de nuit dans
un gigantesque bâtiment, ancien magasin de luxe, qui a brulé cinq ans
plus tôt. Très vite, il se rend compte, au cous de ses rondes, que les
innombrables miroirs qui subsistent dans les locaux semblent receler un
secret inquiétant...
Alexandre Aja s'est fait une spécialité des histoires sadico-violentes ("Haute tension", "La colline a des yeux"...).
Il abandonne ici les demeurés sauvages pour se plonger dans le domaine
des fantômes, avec la fructueuse idée d'utiliser à bon escient un décor
particulièrement sombre. Ces immenses salles, ces interminables
couloirs, noircis par la fumée, peuplés de quelques mannequins ayant
survécu au désastre, et, surtout, de multiples miroirs aux propriétés
sinistres, composent un personnage à part entière, installent une
atmosphère morbide indéniablement efficace, et constituent le meilleur
du film. En ce qui concerne les autres domaines, il se situent dans la
bonne moyenne du genre, avec l'irruption de quelques
séquences flippantes, mais ne laissent pas un souvenir
impérissable. Quant au dénouement à la "Fringe", s'il s'insère avec une logique certaine dans la trame narrative, il génère la même impression que celui de "Haute tension".
A savoir celle d'une trouvaille déconcertante, percutante, mais d'une
authenticité passablement douteuse. Réjouissons-nous, tout de même, de
retrouver un Kiefer Sutherland fragile, oppressé, paniqué, débarrassé
de son aura de super héros indestructible qui lui collait au corps tout
au long de "24 heures".
Film sur
IMDB