La tête de l'illusionniste
Buddy Israel (Jeremy Piven), ancien bras droit de Primo Sparazza (Joseph
Ruskin), ponte de la Mafia de Las Vegas, est mise à prix lorsque le FBI
compte sur lui pour faire tomber l'ensemble de l'organisation. Tous les
tueurs à gages disponibles se ruent vers l'hôtel dans lequel Buddy
passe son temps à se shooter. Les agents Richard Messner (Ryan
Reynolds) et Donald Carruthers (Ray Liotta) tentent d'arriver avant que
le témoin ne soit transformé en passoire...
C'est un euphémisme de dire que nous sommes bien loin de la dramaturgie
de "Narc". Joe Carnahan a sans doute
été piqué par le virus Tarentino, hautement contagieux, et
probablement génétiquement modifié. Il ne serait pas surprenant que
s'ajoute à cela un fumage de moquette intense hors d'une surveillance
médicale appropriée. On peut mieux comprendre alors le foutoir
généralisé qui nous est proposé. Un prétexte de base usé jusqu'à
la corde, qui sert uniquement de prétexte à l'accumulation de délires
tous azimuts, et que l'on a la surprise de voir tout à coup, lors du
dénouement, donner des signes de redressement vers le raisonnable. Tout
est fondé sur un montage épileptique et, bien entendu, sur une galerie
de personnages tous plus déjantés les uns que les autres, des frères
Tremor à Pasquale Acosta (Nestor Carbonell), en passant par Giorgia
Sykes (Alicia Keys) sans oublier un Buddy Israel intégralement allumé.
Autant dire que le spectacle ne peut être apprécié que par les
aficionados du genre décérébré, qui exultent d'autant plus que le
spectacle atteint les rives de la folie la plus absolue, et que l'humain
est rabaissé au rang d'insecte à pulvériser sans états d'âme. Dans
son obsession de l'hystérie à tout va, Joe Carnahan n'a même pas pris
la peine d'utiliser le statut d'illusionniste donné à son personnage
cible, qui aurait pu générer quelques tours de passe passe bienvenus.
Un avantage au moins, en comparaison du "Maître" Tarentino :
nous évitons les interminables parlotes qui, dans "Boulevard
de la mort", par exemple, plongeaient le spectateur dans un
coma dépassé...